Lutte contre Boko Haram: le Cameroun expulse 2000 Nigérians

Deux jours avant une visite du président nigérian... (Photo RAINNIER KAZ, AFP)

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Deux jours avant une visite du président nigérian Mohammadu Buhari, le 28 juillet, une banderole affiche l'ouverture aux réfugiés. L'expulsion survenue vendredi contredit ces intentions fièrement affichées.

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Agence France-Presse
YAOUNDÉ

Plus de 2000 ressortissants nigérians en situation irrégulière ont été expulsés jeudi du Cameroun vers leur pays, dans le cadre des nouvelles mesures sécuritaires visant à prévenir le risque d'attentats-suicides par les islamistes de Boko Haram, selon des sources concordantes.

L'hebdomadaire régional L'Oeil du Sahel parle d'«environ 2500 Nigérians illégaux "raflés" à Kousseri», dans la région de l'Extrême-Nord du Cameroun, et renvoyés jeudi dans leur pays «via des couloirs sécurisés. Il a posté sur sa page Facebook une photo montrant plusieurs camions-bennes où s'entassent des centaines de personnes sur le départ.

Une source proche des autorités régionales a confirmé que «plus de 2000 Nigérians en situation irrégulière ont été expulsés de Kousseri», sans donner plus de précisions.

«Depuis qu'il y a eu des attentats (dans la région), les autorités ont expulsé de nombreux Nigérians», a confirmé un responsable d'ONG locale, Mey Aly. Selon lui, la plupart sont des «Nigérians ayant fui les exactions de Boko Haram» pour se réfugier au Cameroun.

Ces expulsions interviennent alors que le président nigérian Muhammadu Buhari a achevé jeudi une visite de 24 heures au Cameroun, où il a rencontré son homologue Paul Biya. Les deux chefs d'État se sont engagés à renforcer la coopération entre leurs pays pour combattre les insurgés islamistes.

Entre le 12 et le 25 juillet, la région de l'Extrême-nord, frontalière des fiefs nigérians de Boko Haram, a été visée par trois attentats-suicides - dont deux dans la capitale régionale, Maroua - ayant fait au moins 44 morts.

Le poste-frontière camerounais de Kousseri occupe une position stratégique, un simple pont le séparant de la capitale tchadienne N'Djamena, également frappée à deux reprises par des attentats-suicides depuis le mois de juin.

La sécurité a été considérablement renforcée dans l'Extrême-nord du Cameroun, où le port du voile islamique a été interdit pour éviter que d'éventuels kamikazes s'en servent pour dissimuler des explosifs.

«Avec ces attentats, le ton des autorités a changé» et s'est durci, explique une source sécuritaire à Maroua. «Elles ont demandé que les étrangers (notamment les Nigérians) et les déplacés des zones frontalières (où sévit Boko Haram) rentrent chez eux», a-t-elle précisé.

En outre, vendredi, «environ 300 enfants camerounais des écoles coraniques de Maroua ont été mis dans les cars» qui devaient les ramener chez eux dans leurs villages, a indiqué une source proche des autorités locales. «Cela s'est fait à la demande de leur encadrement», qui redoutaient que des insurgés réussissent à les approcher et tentent de les utiliser pour des attentats-suicides, selon cette source.

L'insurrection de Boko Haram ensanglante depuis 2009 le Nigeria, où elle a fait plus de 15 000 morts, et s'est étendue depuis plusieurs mois au Tchad et au Cameroun voisins, touchés à leur tour par des attentats-suicide meurtriers inédits sur leur sol.

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