Somalie: 14 morts une attaque des islamistes shebab

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Les autorités somaliennes avaient affirmé dès vendredi soir avoir maitrisé l'attaque.

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Agence France-Presse
MOGADISCIO

L'attaque des islamistes somaliens shebab contre un hôtel de Mogadiscio, lancée vendredi et maîtrisée samedi matin seulement, a fait au moins 14 morts, selon un bilan révisé à la hausse des autorités somaliennes.

«Quatorze personnes ont été tuées et 13 autres blessées dans l'attaque», a déclaré le ministre de l'Information, Mohamed Abdi Heyr Mareye, depuis l'hôtel visé par l'attaque, le Maka al Mukarama. Un précédent bilan faisait état d'au moins 10 morts.

L'attaque, au cours de laquelle les shebab affirment eux avoir tué des «douzaines d'infidèles», avait été lancée vendredi en fin d'après-midi.

L'établissement visé, situé en plein centre de la capitale, près du carrefour «Kilomètre 4», est notamment fréquenté par la classe politique et les hommes d'affaires somaliens.

L'attaque, dans laquelle est mort l'ambassadeur somalien en Suisse, s'est déroulée en deux temps: une voiture piégée a explosé devant l'hôtel, avant que des hommes armés ne pénètrent à l'intérieur du bâtiment et n'y restent retranchés toute la nuit.

«Les terroristes ont attaqué l'hôtel à l'aide d'un véhicule bourré d'explosifs et cinq à six rebelles ont pénétré dans le bâtiment où des responsables et des diplomates se trouvaient», a expliqué le ministre de l'Information, assurant que les forces de sécurité avaient réussi à sauver de nombreuses personnes.

Selon le porte-parole de la police, Kassim Ahmed Roble, les forces de sécurité somaliennes, pourtant aidées dans leur tâche par la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom), ont eu d'autant plus de mal à venir à bout des militants shebab que ces derniers avaient coupé le système électrique du bâtiment. Cela a rendu «les opérations très complexes pendant la nuit», a-t-il dit.

Les autorités somaliennes ont ainsi dû traquer les assaillants jusqu'au petit matin samedi dans les étages de l'établissement.

Samedi matin, des habitants du quartier ont confirmé avoir entendu des coups de feu toute la nuit. Selon l'un d'entre eux, Mohamed Sheikh Ibrahim, la zone était encore «bouclée par l'armée somalienne» samedi matin.

Le gouvernement somalien a affirmé avoir finalement tué tous les assaillants, et exhibé trois de leurs cadavres, alignés devant l'hôtel.

Les shebab ont confirmé avoir perdu des militants dans l'attaque, mais pas tous: leur porte-parole, Ali Mohamud Rage, a assuré que certains avaient pu s'échapper et préparaient déjà d'autres attentats.

«Il n'y aura pas d'endroit sûr pour les croisés et les infidèles en Somalie», a-t-il ajouté. «Nos attaques continueront jusqu'à ce que les ennemis de Dieu soient vaincus et que sa loi soit partout en vigueur en Somalie».

Menace régionale

L'Amisom, qui aide les fragiles autorités somaliennes dans leur combat contre les shebab, a dénoncé l'attaque, mais assuré qu'elle ne ferait que «renforcer» sa volonté de «défaire les ennemis de la paix et du développement» dans le pays.

Les shebab ont essuyé depuis août 2011 une série ininterrompue de revers militaires, perdant un à un leurs fiefs dans le centre et le Sud somalien.

Délaissant les opérations militaires dans lesquelles ils sont largement surpassés par l'Amisom, ils multiplient cependant les actions de guérilla, notamment à Mogadiscio où ils visent régulièrement des sites officiels.

Les insurgés ont juré la perte des autorités d'un pays soutenu à bout de bras par la communauté internationale, en état de guerre civile et privé de gouvernement central effectif depuis la chute du président autoritaire Siad Barre en 1991.

Mais ils sont aussi considérés par les experts comme la principale menace à la sécurité de la région est-africaine. Ils ont en effet perpétré plusieurs attentats spectaculaires hors des frontières somaliennes ces dernières années. Parmi ceux-ci, l'attaque du centre commercial Westgate de Nairobi, qui a fait 67 morts en septembre 2013. En 2010, ils avaient aussi revendiqué un double attentat dans la capitale ougandaise Kampala qui avait fait 76 morts.

Et cette semaine encore, Washington a mis en garde contre un risque imminent de nouvelle attaque par les shebab en Ouganda, pays largement contributeur, comme le Kenya, à l'Amisom.

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