Ouverture du procès de 13 accusés du double attentat de Kampala en 2010

L'un des accusés, Ismail Kasule, parle avec son avocat... (PHOTO PETER BUSOMOKE, AFP)

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L'un des accusés, Ismail Kasule, parle avec son avocat lors de l'ouverture du procès mardi.

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Agence France-Presse
KAMPALA

Le procès de 13 accusés du double attentat qui a tué 76 personnes en 2010 à Kampala, durant la Coupe du monde de football, s'est ouvert mardi, près de cinq ans après, dans la capitale ougandaise.

Le 11 juillet 2010 à Kampala, deux kamikazes avaient déclenché leur ceinture d'explosifs, l'un dans un restaurant éthiopien, l'autre dans le bar d'un club de rugby, alors que les deux établissements retransmettaient la finale de la Coupe du monde.

Les 13 accusés - sept Kényans, cinq Ougandais et un Tanzanien - sont tous inculpés de nombreux chefs, notamment actes de terrorisme et meurtres. Tous, sauf un, sont également inculpés pour appartenance à une organisation terroriste, en l'espèce les islamistes somaliens shebab qui avaient revendiqué l'attaque.

«Le procès des accusés n'a que trop tardé», a déclaré le juge Alfonse Owiny Dollo à l'ouverture de l'audience, assurant que le procès serait «équitable, rapide et transparent». L'audience a été ajournée à jeudi après l'examen de points de procédure.

Un des accusés, poursuivi seulement pour «recel de malfaiteur» (assistance apportée à un accusé après les faits) a notamment demandé sa remise en liberté, ses quatre années et demie de détention préventive excédant les trois ans maximum prévus pour cette infraction.

Deux Ougandais ayant plaidé coupable ont déjà été condamnés en septembre 2011 à 25 et 5 ans de prison respectivement, l'un pour actes de terrorisme, l'autre pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

Une des raisons du long délai entre les faits et le procès est que onze des treize accusés ont contesté la procédure devant la justice ougandaise, dénonçant des violations de leurs droits et des tortures par la police ougandaise. En outre, les étrangers ont argué avoir été extradés illégalement vers l'Ouganda.

En octobre, la Cour constitutionnelle avait rejeté leur demande et ordonné l'ouverture de leur procès. En janvier, plusieurs accusés ayant fait appel de cette décision devant la Cour suprême avaient demandé en vain un nouveau report du procès.

Le double attentat de juillet 2010 à Kampala était la première action d'envergure des shebab - qui ont depuis rallié le réseau Al-Qaïda - hors de leurs frontières. Ces attaques, qui avaient aussi fait plus de 80 blessés, étaient également les plus meurtrières en Afrique de l'Est depuis le double attentat contre les ambassades américaines de Nairobi et Dar es Salaam en août 1998 (224 morts au total).

L'Ouganda était visée car elle fournissait à l'époque la moitié - le Burundi fournissant l'autre - des troupes de la force de l'Union africaine (Amisom) déployée depuis 2007 en Somalie pour combattre les shebab.

Depuis, le Kenya et l'Éthiopie - déjà intervenue en Somalie entre 2006 et 2009 pour chasser du pouvoir à Mogadiscio les Tribunaux Islamistes, ancêtres des shebab - ont rejoint l'Amisom, désormais forte de 22 000 hommes.

La force africaine a depuis août 2011 chassé les shebab de leurs bastions du sud et du centre somaliens, dont ils contrôlèrent un temps l'essentiel du territoire.

Les shebab ont multiplié récemment les attaques au Kenya voisin, revendiquant particulièrement le spectaculaire et sanglant assaut contre le centre commercial Westgate de Nairobi en septembre 2013 (67 morts).

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