Nigeria: 36 localités reprises à Boko Haram

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Les troupes tchadiennes ont pénétré sur le territoire nigérian et chassé les islamistes de certaines régions de l'État de Borno.

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Agence France-Presse
Abuja

Trente-six localités ont été reprises à Boko Haram dans le nord-est du Nigeria depuis le début de l'offensive régionale en février, a affirmé mercredi le gouvernement nigérian qui dit attendre «une défaite complète» des insurgés islamistes.

Mike Omeri, porte-parole du gouvernement nigérian chargé des questions de sécurité, a précisé à la presse que quatre localités étaient tombées depuis le 6 mars, dont Buni Yadi, dans l'État de Yobe. Plus de 40 étudiants y avaient été massacrés en février 2014 par les extrémistes qui s'étaient ensuite emparés de la ville en août.

Trois autres localités ont été reprises en moins d'une semaine dans l'État de Borno, voisin du Yobe, et bastion historique de Boko Haram, qui s'était emparé au cours de l'année 2014 de pans entiers du nord-est du Nigeria.

Le porte-parole nigérian a expliqué que ces succès contre Boko Haram, qui vient d'annoncer son «allégeance» à l'organisation État islamique (EI), étaient dus aux «coopérations et alliances» avec les États voisins, Cameroun, Tchad et Niger. Il les a remerciés de «couper les lignes de ravitaillement des terroristes».

«On espère que la coopération régionale en cours va précipiter la défaite et l'extermination de Boko Haram au Nigeria et dans la région», a dit M. Omeri.

S'exprimant devant l'Atlantic Council, un centre de réflexion basé à Washington, le chef des services de renseignements nigérians, Ayodele Oke, a dit croire qu'en l'espace de quelques semaines les combattants islamistes ne contrôleraient plus aucun territoire, même si le gouvernement reconnaît que les attentats et les attaques devraient continuer.

Depuis que l'offensive régionale a été lancée le mois dernier, le Nigeria se targue de diriger les opérations.

Mais selon des témoins, des experts et les déclarations des autres forces armées, ce sont les troupes tchadiennes qui ont apporté une contribution décisive à l'opération. Ces dernières ont pénétré sur le territoire nigérian et chassé les islamistes de certaines régions de l'État de Borno.

Pour le gouvernement nigérian, l'offensive anti-Boko Haram doit permettre la tenue le 28 mars des élections présidentielle et législatives, déjà repoussées de six semaines, officiellement à cause des violences.

Mercredi, les États-Unis ont annoncé chercher à relancer un programme de formation de soldats nigérians, qui avait été arrêté en 2014 après une querelle sur la fourniture d'armes.

Les relations s'étaient tendues entre les deux pays après que l'ambassadeur du Nigeria à Washington avait affirmé que son gouvernement jugeait insuffisante l'aide américaine.

Des responsables américains et nigérians en sont «au stade des discussions» sur un éventuel nouveau programme, a précisé devant la presse l'ambassadeur américain au Nigeria, James Entwistle.

Les succès remportés par l'armée nigériane sur le terrain, qui n'ont pas pu tous êtres vérifiés, pourraient permettre à davantage de personnes de voter dans le nord-est du pays, région considérée comme favorable à l'opposition, aux prochaines élections.

Le Congrès progressiste (APC), principale formation de l'opposition, donnée au coude-à-coude pour la présidentielle avec le chef de l'État sortant Goodluck Jonathan, a menacé de contester la validité de l'élection si un nombre important d'habitants du nord-est ne peuvent pas voter.

Le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, a promis d'empêcher la tenue du scrutin par la violence, faisant craindre que les élections, très disputées et parfois sources de violences à motifs politiques, ne tournent au désastre.

Depuis 2009, l'insurrection islamiste et sa répression ont fait plus de 13 000 morts et 1,5 million de déplacés au Nigeria. Mais, pour M. Omeri, les derniers succès sur le terrain ont permis à certains d'entre eux «de revenir chez eux pour reprendre leur vie normale».

Il n'y cependant eu aucune confirmation par des sources indépendantes de ces retours de déplacés.

Le Comité international de la Croix-Rouge s'est inquiété mardi d'une «crise humanitaire généralisée» dans la région du lac Tchad, où des centaines de milliers de déplacés ont fui.

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