La force régionale anti Boko Haram en action à partir de novembre

Les présidents Goodluck Jonathan (Nigeria, au centre), Idriss... (PHOTO HAMA BOUREIMA, AFP)

Agrandir

Les présidents Goodluck Jonathan (Nigeria, au centre), Idriss Déby (Tchad, à droite) et Thomas Boni Yayi (Bénin, 2e à gauche) étaient présents mardi à Niamey.

PHOTO HAMA BOUREIMA, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Boureima HAMA
Agence France-Presse
NIAMEY

La force régionale mise en place pour lutter contre le groupe armé islamiste nigérian Boko Haram entrera en action en novembre, ont décidé les chefs d'États du Nigeria et des pays voisins au terme d'un sommet mardi à Niamey.

L'établissement de son État-major sera «accéléré» «de façon à le rendre opérationnel avant la fin du moins de novembre», quand les «bataillons dédiés au combat contre Boko Haram» seront déployés «dans les mêmes délais» «à nos frontières respectives», a déclaré le président nigérien Mahamadou Issoufou dans son discours de clôture.

Quelque 700 soldats des armées du Niger, du Nigeria, du Tchad et du Cameroun composeront cette force régionale dont la création avait été décidée en juillet. La contribution du Bénin, invité au sommet, n'est pas encore connue.

Dans un communiqué conjoint, les chefs d'État de ces pays ont même fixé la date de mise en place des contingents militaires au «1er novembre», quand l'État-major devra fonctionner au «20 novembre».

«Rien ne sera plus comme avant. Nous serons conséquents avec nous-mêmes et mettrons en oeuvre les décisions que nous venons de prendre», a commenté le président du Tchad Idriss Déby, soit «mutualiser nos forces» pour «faire face» à la «nébuleuse terroriste».

«Les intérêts du Bénin sont concernés. De ce point de vue, c'est une question de vie ou de mort», a réagi Thomas Yayi Boni, le leader béninois, dont le pays va selon lui «répondre à l'appel du sommet», sans plus de précision.

La rencontre s'est déroulée alors que rien ne semble pouvoir endiguer la montée en puissance de Boko Haram dans le nord-est du Nigeria, où le groupe menace désormais de s'emparer de la capitale de l'État de Borno, Maiduguri, un carrefour régional de près d'un million d'habitants.

Les combattants islamistes ont également pris le contrôle ces derniers mois de plusieurs localités frontalières de l'extrême-nord du Cameroun voisin, où ils multiplient les incursions malgré le déploiement de troupes d'élite de l'armée camerounaise.

«Jamais depuis l'accession à leur indépendance, la survie de nos pays n'a été aussi menacée par le terrorisme, par les forces de la division et par le crime organisé», a affirmé M. Issoufou mardi matin.

Le chef de l'État camerounais Paul Biya était absent, représenté par son ministre de la Défense Edgard Alain Mebe Ngo'o.

«Invasion des forces du mal» 

Niger, Nigeria, Cameroun et Tchad se réunissent régulièrement depuis le sommet de Paris en mai, pour tenter de coordonner la lutte contre Boko Haram, qui contrôle des pans entiers de territoires du nord-est du Nigeria. La dernière réunion de ce genre, au niveau ministériel, s'était tenue au Nigeria début septembre.

Ces échanges se tiennent dans le cadre de la Commission du bassin du lac Tchad, une organisation régionale dont la réactivation avait été décidée à Paris. Le Bénin -- voisin du Niger et du Nigeria -- a été invité à participer bien qu'il ne soit pas membre de cette entité.

Le Nigeria demande régulièrement à ses voisins de mieux sécuriser leurs frontières communes, afin d'éviter que les combattants de Boko Haram puissent s'y réfugier ou importer des armes.

Mardi, le chef d'État nigérian Goodluck Jonathan, également présent à Niamey, a lourdement insisté sur le fait que son armée était «capable» de défaire le groupe armé, même s'il a dit «accepter» l'«assistance» des «pays frères».

Selon des observateurs, c'est pourtant la très lente mobilisation d'Abuja qui a favorisé l'expansion du groupe djihadiste.

Une partie des armes et munitions dont dispose Boko Haram a été pillée lors d'attaques contre l'armée nigériane, quand des militaires ne les ont pas eux-mêmes revendues aux islamistes.

Le conflit opposant les insurgés aux forces de sécurité nigérianes a fait plus de 10 000 morts en cinq ans et plus de 700 000 déplacés, dont 100 000 sont réfugiés dans l'est du Niger, une zone aride en crise alimentaire récurrente.

Des milliers de Nigérians craignant les exactions de Boko Haram ont également fui dans l'extrême-nord du Cameroun, tandis que plusieurs milliers de Camerounais des villages frontaliers sont partis vers l'intérieur du pays.

La dernière vidéo du groupe islamiste, diffusée jeudi dernier, témoigne une nouvelle fois de sa folie meurtrière. Donné pour mort par l'armée nigériane, le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, y est réapparu, vantant, à coup d'images de décapitation, lapidation et amputation, l'application de la charia dans son «califat islamique» du nord-est du Nigeria.

«Shekau est un pseudonyme que n'importe quel chef va emprunter», a observé Goodluck Jonathan, affirmé que deux «Shekau» avaient déjà été tués quand un troisième venait de reprendre ce nom à son compte.

Mi-septembre, l'évêque catholique Oliver Dashe, basé dans le nord-est du Nigeria, avait déploré la prise de contrôle d'au moins 25 villes de cette région par les islamistes armés.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer