État d'alerte au Nigeria après un premier cas mortel d'Ebola

Le virus Ebola a tué 660 personnes depuis... (Photo Tommy Trenchard, Archives REUTERS)

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Le virus Ebola a tué 660 personnes depuis le début de l'épidémie en Afrique de l'Ouest il y a quelques mois, principalement dans trois pays: Guinée (314 morts), Sierra Leone (219 morts) et Liberia (127 morts).

Photo Tommy Trenchard, Archives REUTERS

Ola AWONIYI
Agence France-Presse
ABUJA

Les autorités ont placé tous les ports et les aéroports du Nigeria en alerte samedi pour prévenir une propagation de la fièvre Ebola, au lendemain de l'annonce du premier cas mortel dans le pays.

Le ministère de la Santé nigérian avait indiqué vendredi qu'un ressortissant libérien avait succombé au virus Ebola à Lagos, la plus grande ville d'Afrique.

Contenir une éventuelle flambée de la maladie dans la capitale économique du Nigeria, une mégapole de plus de 20 millions d'habitants aux infrastructures sanitaires en piteux état et aux hôpitaux publics mal équipés et sous-financés, sera un défi, ont prévenu les experts.

Selon le ministre de la Santé, Onyebuchi Chukwu, aucune frontière ne sera fermée, le Nigeria n'ayant pas de frontière commune avec le Liberia, la Sierra Leone et la Guinée, les trois pays d'Afrique de l'Ouest touchés depuis plusieurs mois par une épidémie de cette maladie. Mais des spécialistes du ministère de la Santé ont été déployés dans tous les ports et aéroports afin d'identifier tout visiteur présentant des symptômes suspects.

Une grève nationale des médecins, depuis le 1er juillet, vient encore compliquer la situation. Les responsables de l'Association médicale nigériane (NMA), à l'initiative du mouvement, ont été convoqués samedi en urgence à Abuja pour «mettre fin à la grève», selon un ancien président de l'association, Temiye Edamisan.

Le ministre de la Santé s'est voulu rassurant vendredi, affirmant à la presse que «toutes les institutions médicales publiques du Nigeria ont été équipées pour parer à toute urgence» concernant le virus.

À Lagos, Yewande Adeshina, la conseillère spéciale du gouverneur pour la Santé, a dit avoir reçu 30 tenues de protection pour le personnel hospitalier et en attendre 220 supplémentaires de la part des autorités fédérales - soit 250 combinaisons pour plus de 20 millions de personnes.

La priorité des autorités nigérianes, qui diffusaient déjà des spots radio et télé de sensibilisation à l'Ebola depuis plusieurs semaines, semble être d'éviter la panique dans le pays le plus peuplé du continent (plus de 170 millions d'habitants).

Suivre les contacts de la victime 

Selon M. Chukwu, le Libérien, un employé du gouvernement libérien âgé de 40 ans, avait été pris en charge mardi dès son arrivée à Lagos - il arrivait de Monrovia via Lomé, la capitale du Togo - parce qu'il souffrait de fièvre, de diarrhées et de vomissements, les symptômes associés au virus Ebola. Celui-ci a déjà fait 127 morts au Liberia.

M. Chukwu a assuré que le Libérien n'avait pas eu le temps de se mêler à la population de Lagos avant d'être placée en quarantaine à l'hôpital, et que les passagers du vol Lomé-Lagos qu'il a emprunté sont surveillés de près.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a indiqué samedi sur Twitter être en train de rechercher toutes les personnes avec lesquelles la victime a pu entrer en contact lors de son voyage depuis Monrovia.

Ces personnes devront ensuite être surveillées pendant 21 jours (la durée maximum de la période d'incubation), ce qui peut s'avérer plus difficile dans une mégapole comme Lagos qu'en milieu rural, a précisé le porte-parole de l'organisation, Tarik Jasarevic.

La «fièvre hémorragique à virus Ebola» se transmet par contact direct avec le sang, les liquides biologiques ou les tissus de personnes ou d'animaux infectés.

Néanmoins, «l'Ebola n'est pas un virus qui se transmet facilement (...) Il faut être très proche, ou avoir un contact physique» avec un malade, explique l'expert britannique Ian Jones.

L'Ebola tire son nom d'une rivière du nord de l'actuelle République démocratique du Congo (ex-Zaïre), où il a été repéré pour la première fois en 1976. Son taux de mortalité peut aller de 25 à 90% chez l'homme.

Selon de nouvelles données diffusées vendredi par l'OMS, le bilan de la flambée de fièvre hémorragique, en grande partie due au virus Ebola, continue de s'aggraver avec près de 1100 cas et 660 morts, dont 28 décès entre les 18 et 20 juillet, en Guinée, au Liberia et au Sierra Leone.

Le gouvernement américain a déclaré samedi suivre avec attention l'évolution de l'épidémie et «continuer de mobiliser de multiples agences gouvernementales pour aider les pays affectés».

Les États-Unis apportent leur aide contre le virus Ebola

Washington surveille de près l'épidémie de fièvre hémorragique liée au virus Ebola, qui vient de faire sa première victime au Nigeria, et apporte son aide aux gouvernements africains et ONG sur le terrain, a expliqué un responsable américain.

«Le gouvernement américain continue de mobiliser de multiples agences gouvernementales pour aider les pays affectés par l'épidémie de virus Ebola», a dit à l'AFP Will Stevens, porte-parole du bureau Afrique du département d'État.

Parmi les services américains impliqués figurent les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) et plusieurs agences du Pentagone, dont l'Institut de recherche médicale sur les maladies infectieuses de l'armée de Terre.

Le virus Ebola a tué 660 personnes depuis le début de l'épidémie en Afrique de l'Ouest il y a quelques mois, principalement dans trois pays: Guinée (314 morts), Sierra Leone (219 morts) et Liberia (127 morts), selon un bilan vendredi de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Un Libérien est en outre mort du virus Ebola à Lagos, la plus grande ville d'Afrique, devenant le premier cas répertorié au Nigeria, ont annoncé les autorités nigérianes vendredi.




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