Somalie: attaque des shebab contre le palais présidentiel

Les rebelles somaliens shebab ont attaqué le palais... (PHOTO ARCHIVES AFP)

Agrandir

Les rebelles somaliens shebab ont attaqué le palais présidentiel, à Mogadiscio, le 8 juillet.

PHOTO ARCHIVES AFP

Agence France-Presse
MOGADISCIO

Des combattants islamistes somaliens shebab ont mené mardi soir un vaste assaut contre le palais présidentiel à Mogadiscio, pénétrant dans le vaste complexe ultra-protégé avant de se faire exploser.

Le président Hassan Cheikh Mohamud et le premier ministre Abdiweli Cheikh Ahmed, à la tête des institutions de transition soutenues par la communauté internationale, ne se trouvaient pas sur place au moment de l'attaque et sont «tous les deux en sécurité», selon des sources officielles.

Ils sont sous la garde de l'Amisom, la force de l'Union africaine déployée dans le pays et soutenue par l'ONU, qui compte aujourd'hui 22 000 hommes, a-t-on appris de sources sécuritaires.

«Il y avait au moins neuf assaillants, tous ont été tués et la situation est sous contrôle, l'attaque est terminée», a déclaré un responsable de la sécurité, Abdi Ahmed.

«Il y a eu huit explosions vers la fin des combats, qui ont dû être provoquées par des vestes bourrées d'explosifs. Ils se sont fait exploser», a-t-il indiqué.

Les islamistes, affiliés à Al-Qaïda, ont confirmé être responsables de cette attaque et ont affirmé que leurs hommes avaient pu s'emparer du bureau du président, au coeur du vaste complexe fortifié baptisé «Villa Somalia», l'un des sites les plus protégés de la capitale.

«Nos combattants sont à l'intérieur du soi-disant palais présidentiel», a dit le porte-parole militaire des shebab, Abdulaziz Abu Musab. «Nous contrôlons le quartier général du régime apostat».

«L'ennemi a subi de lourdes pertes durant l'opération», a-t-il ajouté, criant «victoire» puisque «le gouvernement installé par l'étranger avait dit que la sécurité avait été renforcée».

Selon la police, le commando a attaqué le complexe sur deux fronts, faisant exploser une bombe à l'arrière avant de pénétrer via un autre accès. L'assaut a eu lieu peu après la rupture nocturne du jeûne observé durant le mois du ramadan.

Les autorités n'ont pas communiqué sur d'éventuelles pertes dans les rangs des forces gouvernementales.

«La terreur ne vaincra pas»

Il était dans l'immédiat impossible de confirmer des informations sur une présumée attaque contre l'ambassade de Djibouti, pays qui déploie des troupes au sein de l'Amisom. L'ambassade est située à proximité du palais présidentiel à Mogadiscio.

Selon des témoins, il y a eu une puissante explosion suivie d'intenses échanges de tirs et d'autres fortes détonations, avant que les affrontements ne cessent au bout d'une heure environ.

«Les balles volent depuis le palais», avait raconté Halimo Nure, un habitant du voisinage. «Il y a des coups de feu, il y a aussi des explosions, on dirait qu'ils utilisent des grenades.»

L'envoyé spécial de l'ONU en Somalie, Nicholas Kay, a condamné cette «attaque contre le complexe du gouvernement somalien», y voyant «une tentative pour voler aux Somaliens l'État en paix qu'ils méritent».

«La terreur ne vaincra pas», a-t-il assuré.

L'assaut de mardi soir ressemble beaucoup à une attaque lancée en février contre le palais présidentiel. Des shebab, vêtus d'uniformes de l'armée somalienne, avaient réussi à entrer dans le complexe avant d'être tués par les services de sécurité.

En mai, le groupe armé avait aussi lancé une opération du même genre contre le Parlement où les députés étaient alors réunis, tuant plusieurs gardes et employés avant que les troupes de l'Amisom et les forces somaliennes n'en reprennent le contrôle.

Expulsés de la capitale en 2011 par l'Amisom puis de la quasi-totalité de leurs bastions du sud et du centre de la Somalie, les shebab contrôlent toujours de larges zones rurales et privilégient désormais actions de guérilla et attentats, visant notamment la capitale et les institutions de la Somalie, plongée dans la guerre civile en 1991.

Le commandant des shebab dans la capitale, Cheikh Ali Mohamed Hussein, avait promis en juin dernier que Mogadiscio serait désormais la «ligne de front».

Mais les shebab opèrent aussi dans la région, ciblant ces dernières années des pays engagés dans l'Amisom, comme l'Ouganda, Djibouti et surtout le Kenya voisin.

Visé en 2013 dans sa capitale Nairobi (attaque du centre commercial Westagate, au moins 67 morts), le Kenya a subi depuis la mi-juin, près de la côte touristique, une série de raids meurtriers revendiqués par les shebab.




À découvrir sur LaPresse.ca

la boite:1600127:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer