OTAN: un affrontement signé Trump dès les premières minutes

Donald Trump s'en est aussi pris plus généralement... (Photo Pablo Martinez Monsivais, AP)

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Donald Trump s'en est aussi pris plus généralement aux membres de l'OTAN qui « ne payent pas ce qu'ils devraient » pour leurs dépenses militaires.

Photo Pablo Martinez Monsivais, AP

Maxime Bergeron

Envoyé spécial

La Presse

(Bruxelles) Donald Trump avait promis d'en faire voir de toutes les couleurs à ses alliés de l'OTAN cette semaine, et il a livré la marchandise dès les toutes premières minutes du Sommet, mercredi matin à Bruxelles.

Pendant un petit déjeuner avec le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, et d'autres leaders de l'organisation, le président américain a accusé l'Allemagne d'être « totalement contrôlée par la Russie » puisqu'elle achète « une grande partie de son énergie » dans ce pays. 

Il s'est lancé dans une longue tirade devant le regard médusé des participants à la rencontre, qui luttaient visiblement très fort pour rester stoïques.

« Ils [les Allemands] paient des milliards de dollars à la Russie et nous devons les défendre contre la Russie [...] Ce n'est pas normal », a lancé M. Trump.

« L'Allemagne est totalement contrôlée par la Russie », a-t-il répété. « Ils tirent 60 % de leur énergie de la Russie. Je pense que c'est une très mauvaise chose pour l'OTAN, qui ne devrait pas se produire. »

La chancelière allemande Angela Merkel a réagi à cette attaque dès son arrivée au sommet, insistant que l'Allemagne prend ses décisions de manière « indépendante ». « Nous pouvons mener nos propres politiques, nous pouvons prendre des décisions indépendantes », a-t-elle affirmé en point de presse, sans nommer Donald Trump.

Signe des temps, le président américain a toutefois assuré avoir «de très bonnes relations» avec la chancelière, en affirmant discuter commerce et dépenses militaires avec la dirigeante du pays.

Le Canada aussi inquiet

Donald Trump faisait référence au projet d'oléoduc Nord Stream 2, qui vise à transporter du gaz naturel russe vers l'Allemagne en passant par la côte nord-est de la mer Baltique.

Sans cautionner les propos corsés de Trump à l'égard de l'Allemagne, le Canada entretient aussi de « fortes réserves » par rapport à ce projet de plusieurs milliards de dollars, a indiqué la ministre canadienne des Affaires étrangères Chrystia Freeland pendant un point de presse au siège de l'OTAN, mercredi midi.

Mission canadienne en Irak

Le premier ministre Justin Trudeau a profité du Sommet de l'OTAN pour annoncer une importante mission qui sera dirigée par le Canada en Irak à partir de l'automne prochain, pour une période d'au moins un an.

Le Canada assumera le commandement de cette mission de formation et de développement des capacités de défense de l'OTAN, à Bagdad et dans les environs de la capitale irakienne. Quatre hélicoptères CH-146 Griffon de l'Aviation royale canadienne seront déployés, entre autres à des fins de recherche et de sauvetage.

Quelque 250 membres des forces canadiennes seront mis à contribution. Il ne s'agira pas de nouveaux effectifs, mais plutôt de ressources de la présente mission IMPACT en Irak, qui seront redéployées à des fins de formation. 

Le Canada compte déjà plusieurs centaines de soldats en Irak - jusqu'à 850 selon le gouvernement -, à pied d'oeuvre dans une mission de combat contre Daesch.

« Cette mission représente la prochaine étape pour le Canada à la suite du combat fructueux mené contre Daesch pour aider à rétablir la capacité institutionnelle en Irak et jeter les bases d'une paix et d'une stabilité durables », a indiqué le bureau du premier ministre dans un communiqué diffusé mercredi matin.

Ottawa n'injectera pas de nouvelles sommes dans cette opération de formation en Irak, mais réallouera plutôt 40 millions qui étaient destinés à IMPACT.

« Nous sommes fiers d'assumer un rôle de leadership en Irak, et de travailler avec nos alliés et le gouvernement de l'Irak, a fait valoir Justin Trudeau. Ensemble, nous pouvons aider cette région du Moyen-Orient à créer une paix et une stabilité durables. »

Financement de l'OTAN

Sans surprise, la question du financement de l'OTAN a dominé plusieurs échanges pendant les premières heures du sommet, qui se déroule mercredi et jeudi au nouveau quartier général ultramoderne de l'OTAN, en banlieue de Bruxelles.

Donald Trump a fait connaître encore une fois son vif mécontentement pendant son petit déjeuner avec le secrétaire général de l'OTAN, estimant que les membres de l'OTAN « ne payent pas ce qu'ils devraient » pour leurs dépenses militaires. 

« Nous protégeons l'Allemagne, la France... Nous protégeons tous ces pays », a-t-il insisté, ajoutant encore une fois que les États-Unis « payaient beaucoup trop ».

« C'est disproportionné et injuste pour les contribuables des États-Unis », a-t-il encore dénoncé.

Cible de 2 %

Le président américain réclame depuis des mois un accroissement des dépenses militaires de la part des 28 autres membres de l'OTAN, afin de respecter leur engagement de les porter à 2 % de leur PIB en 2024. 

Il dénonce avec virulence la part disproportionnée du financement de l'alliance militaire assumée par Washington, et a laissé planer la menace d'un retrait des États-Unis de l'OTAN si les choses ne changeaient pas. Il a aussi affirmé que les membres de l'OTAN devraient « rembourser » son pays pour compenser leurs contributions insuffisantes pendant des années.

Plusieurs élus ont rejeté la vision de Donald Trump en matière de financement de l'OTAN - surtout la cible de 2 % du PIB -, pendant les premières heures du sommet. 

La ministre allemande de la Défense, Ursula von der Leyen, a jugé que le pourcentage du PIB ne constituait pas une mesure appropriée de la contribution des membres à l'OTAN, une position reprise un peu plus tard par Justin Trudeau, qui participait à un panel de discussions.




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