#MoiAussi retentit à travers le monde

Alyssa Milano a lancé le mot-clic #MeToo dans... (Photo Carlo Allegri, archives Reuters)

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Alyssa Milano a lancé le mot-clic #MeToo dans le contexte de l'affaire Harvey Weinstein. Sur la photo, l'actrice américaine prend part à une manifestation à New York pour soutenir la cause des personnes trans.

Photo Carlo Allegri, archives Reuters

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La campagne sur les médias sociaux #MoiAussi (#MeToo), où les gens dénoncent les inconduites sexuelles dont ils ont été victimes, a balayé le monde cette semaine. Voici quelques-unes des répercussions.

EX-MINISTRE ACCUSÉ EN FRANCE

La semaine dernière, l'écrivaine Ariane Fornia a accusé l'ancien ministre Pierre Joxe, 82 ans, de l'avoir agressée sexuellement lors d'une soirée à l'opéra en 2010. Fornia, fille de l'ex-ministre sarkozyste Éric Besson, a raconté comment un « ex-ministre sous François Mitterrand » assis à côté d'elle - « avec son épouse. J'insiste. Son épouse est là » - à l'opéra a « glissé sa main à l'intérieur de [sa] cuisse » à plusieurs reprises lorsque la salle était sombre pendant le spectacle. « Je lui plante mes ongles dans la main. C'est un combat silencieux, grotesque, en plein Opéra Bastille », poursuit-elle.

Pierre Joxe a tout nié. « Ce battage invraisemblable me choque beaucoup, et je confirme que les allégations me concernant sont fausses. Je m'exprimerai plus longuement à ce sujet et par écrit la semaine prochaine », a-t-il assuré dans un communiqué transmis à l'AFP.

#BALANCETONPORC

En France également, le slogan #MoiAussi a pris une tournure plus directe lorsqu'il a été rebaptisé #balancetonporc sur les réseaux sociaux par Sandra Muller, journaliste à la Lettre de l'audiovisuel. Elle incitait les femmes à rompre le silence. Mme Muller écrit avoir subi du harcèlement sexuel de la part d'un ancien patron qui lui a dit : « Tu as des gros seins. Tu es mon type de femme. Je vais te faire jouir toute la nuit. » De nombreuses femmes ont fait part d'expériences analogues, dont Giulia Foïs, journaliste à France Inter, qui a écrit : « Un red chef, grande radio, petit couloir, m'attrapant par la gorge : "Un jour, je vais te baiser, que tu le veuilles ou non" #balancetonporc ». Plusieurs ont aussi affirmé que la police ne faisait rien lorsqu'elles dénonçaient de tels actes.

« AUX PLUS HAUTS NIVEAUX POLITIQUES »

Mercredi, la ministre suédoise des Affaires étrangères Margot Wallström a provoqué une onde de choc en Europe en écrivant « me too » sur Twitter. Mme Wallström a expliqué aux médias que l'inconduite sexuelle s'était produite « aux plus hauts niveaux politiques » lors d'une réunion des dirigeants européens. Les femmes qui participent à la campagne sur les réseaux sociaux « sont des femmes et des filles courageuses dans le monde entier », dit-elle. « En tant que politicienne, je me demande : que faisons-nous ? Cela doit mener à de l'action. » En Suède, 43 % des femmes ont rapporté avoir subi du harcèlement sexuel au travail de la part de collègues - des hommes, dans 99 % des cas.

UNE SCIENTIFIQUE NÉERLANDAISE DÉNONCE

Lorsqu'elle a pris connaissance des accusations contre le producteur Harvey Weinstein, la professeure Vanessa Evers, de l'Université de Twente, aux Pays-Bas, s'est dit : « Hey, ça n'arrive pas qu'aux belles actrices d'Hollywood, mais aussi aux gens comme moi. » Elle a écrit une lettre ouverte sur le site de l'université et son appel à la dénonciation est devenu viral. Elle donne plusieurs exemples, dont un patron à un emploi précédent aux États-Unis qui a « tiré sur son haut » pour voir si elle se rasait les aisselles, de l'abus sexuel de la part d'un autre étudiant, et un professeur de robotique qui insistait pour lui donner « un bon massage » lors d'une conférence au Japon. « J'ai peur. J'ai peur des conséquences de cette lettre. Non, je ne me sens pas courageuse. » Depuis, son université a appuyé sa démarche, et plusieurs collègues hommes et femmes ont salué sa franchise et fait part d'expériences similaires.

DES GYMNASTES DÉNONCENT

Le monde du sport n'a pas été épargné par la vague de dénonciations. La gymnaste américaine et médaillée d'or olympique McKayla Maroney, 21 ans, a dit cette semaine avoir été pelotée alors qu'elle était une jeune adolescente par Larry Nassar, un ancien médecin de l'équipe olympique. Nassar est actuellement emprisonné au Michigan, en attente de sa peine dans une affaire de possession de matériel de pornographie juvénile, en plus d'être accusé d'agressions sexuelles par 125 femmes. La gymnaste russe Tatiana Gutsu, qui a gagné l'or aux Jeux olympiques de 1992, a quant à elle accusé son ancien coéquipier Vitaly Scherbo de l'avoir violée alors qu'elle n'avait que 15 ans. Scherbo est un « monstre qui m'a enfermée dans ma propre prison pendant des années », a dit Mme Gutsu, aujourd'hui âgée de 41 ans.




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