Antonio Guterres sera nommé secrétaire général de l'ONU

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Âgé de 67 ans, Antonio Guterres a été le chef du Haut commissariat pour les réfugiés (UNHCR) durant 10 ans. Ingénieur de formation, fervent catholique, ce socialiste se décrit lui-même comme un homme d'action et s'est battu sans relâche durant une décennie pour les droits des migrants.

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Carole LANDRY
Agence France-Presse
New York

L'ex-premier ministre portugais Antonio Guterres est assuré de succéder à Ban Ki-moon comme secrétaire général de l'ONU, après un vote informel du Conseil de sécurité mercredi, et pourrait être élu dès jeudi.

L'ambassadeur russe Vitali Tchourkine, qui dirige le Conseil de sécurité en ce mois d'octobre, a déclaré à des reporters à l'issue du vote que M. Guterres était «clairement le favori».

Le diplomate russe a annoncé un vote formel du Conseil jeudi pour confirmer le choix du candidat, ajoutant qu'il s'attendait à ce que la sélection se fasse «par acclamation».

«Nous souhaitons tout le bien à M. Guterres en s'acquittant de ses devoirs de secrétaire général des Nations unies ces cinq prochaines années», a ajouté M. Tchourkine.

Durant le scrutin de mercredi les cinq membres permanents du Conseil, Royaume-Uni, États-Unis, Russie, Chine et France, qui disposent d'un droit de veto, ont voté avec des bulletins de couleur différente des dix autres membres. Dans les scrutins précédents tous les membres du Conseil, permanents et non permanents, disposaient des mêmes bulletins.

Il a donc été possible de voir pour la première fois mercredi si l'un des cinq membres permanents envisageait de bloquer la candidature de M. Guterres.

Le Portugais avait terminé en tête des cinq scrutins préliminaires déjà effectués. Aux deux tours précédents, 12 des 15 pays membres l'avaient «encouragé», deux l'avaient «découragé», émettant donc un vote défavorable, et un dernier était «sans opinion».

Le vote de mercredi a permis de voir que quatre des grandes puissances avaient émis un vote favorable, et l'une d'entre elles a remis un vote «sans opinion». Mais aucun des cinq membres permanents n'a bloqué M. Guterres.

Celui-ci a même fait mieux qu'aux précédents scrutins, obtenant cette fois 13 votes favorables.

«C'est une excellente nouvelle, sur la méthode et sur le fond, pour les Nations unies», a souligné l'ambassadeur français, François Delattre.

Son collègue britannique Matthew Rycroft a estimé lui que M. Guterres fera «un secrétaire général très fort, très efficace», l'ambassadrice américaine Samantha Power mettant en avant l'expérience et la vision du diplomate portugais.

Homme d'action 

Celui-ci a occupé la fonction de premier ministre du Portugal entre 1995 et 2002. Il va d'ailleurs devenir le premier secrétaire général à avoir été chef d'un gouvernement auparavant.

Âgé de 67 ans, il a aussi été le chef du Haut commissariat pour les réfugiés (UNHCR) durant 10 ans. Ingénieur de formation, fervent catholique, ce socialiste se décrit lui-même comme un homme d'action et s'est battu sans relâche durant une décennie pour les droits des migrants, de 2005 à 2015.

Durant ses deux mandats à la tête du HCR, il avait également réussi à réformer la structure interne de l'institution, améliorant son efficacité en permettant le déploiement de davantage de personnels sur les points chauds.

Dix candidats étaient en lice pour succéder au sud-coréen Ban Ki-moon, qui a effectué deux mandats de cinq ans.

Après approbation par le Conseil de sécurité, le candidat retenu doit également recueillir ensuite le vote favorable de l'Assemblée générale de l'ONU avant de prendre ses fonctions le 1er janvier prochain.

S'il est élu, Antonio Guterres ferait mentir les observateurs qui anticipaient il y a quelques mois la nomination d'un secrétaire général issu d'un pays d'Europe de l'Est, seule région à ne pas avoir encore obtenu ce poste.

L'idée qu'une femme puisse diriger l'ONU, après huit hommes depuis la création de l'organisation, semblait aussi être un argument de poids.

La candidature de Kristalina Georgieva, mise en avant au dernier moment, la semaine passée, par la Bulgarie, semblait ainsi être de nature à pouvoir faire bouger les choses, mais la commissaire européenne au Budget et ancienne vice-présidente de la Banque mondiale n'a pas convaincu.

Mme Georgieva a recueilli huit votes négatifs, dont deux de membres permanents, contre seulement cinq votes d'encouragement et deux sans opinion.

L'Argentine Susana Malcorra a reçu un vote négatif d'une grande puissance. La Bulgare Irina Bokova en a reçu deux, tout comme le Slovaque Miroslav Lajcak.

La Néo-Zélandaise Helen Clark, le Serbe Vuk Jeremic, le Macédonien Srgjan Kerim et la Moldave Natalia Gherman ont reçu chacun trois votes défavorables de membres permanents.

Enfin, le Slovène Danilo Turk a reçu quatre votes négatifs de grandes puissances.

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