Montréal, mémoire vive des pires atrocités du monde

Cette photographie prise le 27 février 2004 montre... (Photo: Gianluigi Guercia, Archives AFP)

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Cette photographie prise le 27 février 2004 montre les crânes des victimes du massacre de Ntarama pendant le génocide rwandais.

Photo: Gianluigi Guercia, Archives AFP

Le génocide au Rwanda. Celui du Cambodge. Les violations massives des droits la personne du régime Duvalier en Haïti. L'Holocauste. Ces événements ont tous en commun, en plus de la souffrance humaine, Montréal.

Des rescapés de tous ces drames historiques ont refait leur vie au pied du mont Royal. Pour conserver leur mémoire, une équipe de 40 chercheurs vient de passer les cinq dernières années à les interviewer.

En tout, quelque 450 Montréalais d'adoption ont accepté de témoigner devant la caméra. Certains ont parlé pendant quelques minutes, d'autres, pendant 10 heures. «Les gens ne nous ont pas seulement parlé de la violence qu'ils ont subie ou dont ils ont été témoins, ils nous ont aussi parlé de ce que ça signifie dans leur vie», note Steven High, professeur d'histoire orale à l'Université Concordia et chercheur principal du projet Histoires de vie Montréal.

Les Montréalais qui ont pris la parole ont aussi choisi de parler de leur nouvelle vie, de leur avenir et de celui de leurs enfants. «Beaucoup de gens pensent que ceux qui ont survécu à la guerre ou au génocide vont faire face au stress post-traumatique, mais ce qui est extraordinaire et que nous avons pu voir à travers la recherche, c'est que la plupart ne vivent pas ça. On voit cette force extraordinaire parmi les rescapés pour se refaire une vie, fonder des familles, trouver du travail», a précisé hier Emmanuel Habimana, professeur de psychologie à l'Université de Sherbrooke. Celui-ci s'est attardé aux histoires des survivants du génocide du Rwanda.

Les professeurs d'université n'ont pas été les seuls à contribuer à ce projet: artistes, organismes communautaires, auteurs ainsi que plusieurs réfugiés eux-mêmes ont mis la main à la pâte. «Ce qui distingue ce projet, c'est que ce ne sont pas des archives qui vont finir sur une tablette. Ces témoignages sont diffusés dans les écoles, sur les ondes, dans les théâtres», a lancé Frank Chalk, directeur de l'Institut montréalais de l'étude des génocides.

Les Montréalais pourront le constater par eux-mêmes. Une quarantaine d'activités liées au projet Histoires de vie Montréal auront lieu au cours du prochain mois. Hier, le Musée d'histoire de Montréal a inauguré l'exposition Nous sommes ici. Au programme, on retrouve aussi une marche commémorative rwandaise, deux pièces de théâtre, des expositions, des tables rondes, des ateliers de formation et une conférence du sénateur et lieutenant-général Roméo Dallaire.

Pour la programmation complète: www.histoiresdeviemontreal.ca/rencontres




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