Emmanuel Bilodeau: le bonheur avant tout

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Dans Innocent, quatrième long métrage du réalisateur Marc-André Lavoie, l'acteur Emmanuel Bilodeau campe le rôle de Francis, un homme sympathique qui se retrouve derrière les barreaux sans que l'on sache comment il s'est retrouvé dans cette impasse. La réponse nous est livrée dans un patchwork d'épisodes de sa vie, chargée de malchances et de mauvaises décisions, mais avec une touche d'humour. Rencontre avec le comédien-humoriste-papa qui ne vise que le bonheur dans la vie.

Emmanuel Bilodeau présentant son One Manu Show, au... (Photo Olivier Jean, Archives La Presse) - image 1.0

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Emmanuel Bilodeau présentant son One Manu Show, au Monument-National, en septembre 2014

Photo Olivier Jean, Archives La Presse

Tu joues pour la troisième fois dans un long métrage du réalisateur Marc-André Lavoie. Qu'est-ce qui fait que tu aimes collaborer avec lui ?

Avec Marc-André, c'est toujours un peu dernière minute, pas de budget, mais c'est fait avec beaucoup de coeur. Et il est tellement bon pour vendre et raconter ses projets. Il n'aime pas ça, envoyer un scénario à des acteurs ; il préfère les rencontrer et leur dire : « Voilà l'anecdote que je serais très excité de tourner avec toi. » Tu es toujours un peu charmé de savoir qu'il veut le faire avec toi.

Qu'est-ce qui t'a particulièrement attiré dans ce projet ?

J'aimais le titre [Innocent]. Je trouvais ça très sympathique. C'est un titre ambigu : est-ce qu'il est innocent légalement ou innocent-innocent ? J'aimais le côté bon enfant, spontané [du tournage]. Il y avait place à l'improvisation. Et Marc-André, je le fais rire. C'est le fun de faire rire un réalisateur. Je n'ai pas eu de scénario avant de commencer à tourner. Il est venu me voir et m'a raconté un peu le film, c'est tout.

Comment fait-on pour tourner avec un scénario livré à la dernière minute ?

Les acteurs que Marc-André a, il les sollicite pour deux, trois jours. En quelques jours, il tourne full de scènes. Et il fait un casse-tête avec ça. Réal Bossé a tourné une journée dans ce film-là, même pas complète. Et on le voit du début à la fin. On a l'impression qu'il a un gros rôle. Moi, c'était plusieurs fois, à coups de trois jours. En général, pour un film, tu donnes ta vie, de 5 h du matin jusqu'à 19 h. Tu n'existes plus. Ce n'était pas le cas ici.

Hot dog, le dernier long métrage de Marc-André Lavoie, n'a pas été très apprécié. As-tu eu peur d'embarquer dans son premier film depuis ce flop ?

C'est sûr que c'est le pire contexte pour embarquer dans un film, quand tu n'as même pas de scénario et que la critique n'a pas aimé le dernier film [du réalisateur]. Mais j'avais le goût d'être partie prenante du projet d'un gars qui a tellement de plaisir et de volonté de faire des films. Au final, quand je vais être vieux, je veux avoir eu du plaisir dans mes projets ; avoir rencontré des gens qui m'aiment et me font du bien. C'est quand même la base d'une vie épanouie. J'aurais beau travailler avec n'importe quel grand réalisateur et me faire chier et repousser mes limites, peut-être que je ferais de grands films, mais est-ce que j'aurais été plus heureux ? Pas sûr...

Après Hot dog, Marc-André Lavoie a parlé du fait que la critique n'encense pas assez les films d'humour, comparativement aux films d'auteur, aux drames. Innocent est présenté par le Festival du nouveau cinéma comme une « comédie hilarante », mais s'éloigne beaucoup de ce genre. Où se situe le film, selon toi ?

Quand je lisais les scènes, je ne me disais pas que c'était un film d'humour. C'est un film avec des pointes d'humour, oui. Il y a une énergie comique là-dedans, des fois. Mais il est difficile à cataloguer. C'est un peu anecdotique, un peu bon enfant, un peu le portrait d'un Québécois moyen placé dans des situations rocambolesques. Une comédie rocambolesque ? C'est dans le ton, dans la situation et non pas dans les dialogues qu'il y a de la comédie.

En entrevue en début d'année, tu disais t'ennuyer du jeu d'acteur. La tournée de ton One Manu Show s'est achevée en février. Est-il possible de conjuguer tes carrières d'humoriste et d'acteur ?

Un show d'humour t'accapare surtout un an avant la première, dans la création, le rodage. C'est là que c'est le plus prenant. Mais quand tu es juste dans la tournée, tu peux être un acteur le jour ou faire autre chose. Tu peux juste être à la maison et t'occuper de tes enfants, ce que j'ai fait beaucoup dans les dernières années. Autant je m'ennuie du jeu d'acteur, autant je ne m'ennuie pas des contraintes. Il y a un équilibre à faire.

Que retires-tu de cette première vraie expérience en humour ?

Ça m'a obligé à me commettre créativement. Moi, j'ai une petite vie et ça intéresse les gens, ça les fait rire, ça les touche, même. Je n'avais jamais vécu ça. En tant que comédien, tu te commets un peu parce que c'est ta sensibilité, mais ce ne sont pas tes textes, pas ta mise en scène, pas ta création pure. Là, en faisant ça, j'ai compris un peu plus la vie. Tu le fais, quitte à avoir l'air fou, quitte à faire rire de toi, quitte à ce que ça marche pas. Tu auras été heureux de le faire, peu importe que ça marche ou pas. C'est ça, ma philosophie.

Voudrais-tu renouveler l'expérience de partir en tournée avec un spectacle d'humour ?

Oui, j'aimerais beaucoup ça ! Je devrais être en écriture en ce moment. Mais ma blonde [la comédienne Édith Cochrane] et moi, on va avoir un autre enfant dans deux mois. Le temps passe si vite et j'ai envie d'en avoir, donc c'est sûr que je dis plus non à plein d'affaires pour avoir du temps. Je ne veux pas faire 200 shows par année, surtout pas ! Le succès, c'est : cette soirée-là a été un succès, tu as joué, tu as été heureux, les gens ont ri, ont passé un bon moment, ont réfléchi. C'est ça, le vrai bonheur. Idéalement, tu peux t'acheter un pain et une pinte de lait avec ce que tu as gagné. Et c'est tout ce qui compte.

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Innocent sera projeté lundi soir, 19 h, au Cinéma Impérial dans le cadre du Festival du nouveau cinéma. Il prendra l'affiche vendredi prochain.




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