Débâcle sur les Bourses asiatiques

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Après la fièvre qui s'était emparée des marchés ces dernières semaines, «cette soudaine baisse est un choc», a commenté auprès de l'AFP Toshihiko Matsuno, de SMBC Nikko Securities.

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Agence France-Presse
Tokyo

Les places financières asiatiques, Tokyo en tête, ont plongé mardi, emboîtant le pas à Wall Street où les investisseurs ont soudainement cédé à l'affolement après plusieurs mois d'euphorie boursière.

À la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a lâché 4,73% en clôture après être tombé de plus de 7% en séance, du jamais vu depuis l'élection de Donald Trump à la Maison-Blanche qui avait provoqué un mouvement de panique ponctuel.

Ailleurs dans la région, Sydney a fini en baisse de 3,20%, Hong Kong perdait 4,4% à une heure de la clôture, tandis qu'en Chine continentale, l'indice composite de Shanghai a abandonné plus de 3%.

L'année 2018 avait pourtant bien commencé, les indices enchaînant les records à New York, mais vendredi la publication aux États-Unis du rapport mensuel sur l'emploi a subitement changé la donne.

Bonne nouvelle pour l'économie américaine, l'annonce d'une augmentation significative des salaires en janvier a eu un effet dévastateur sur les marchés en ravivant les craintes d'inflation, et donc d'un resserrement monétaire américain à un rythme plus rapide que prévu.

Dans la foulée, les taux de rendement des bons du Trésor se sont enflammés et Wall Street a trébuché.

Lundi, les pertes se sont accrues et l'indice vedette Dow Jones a chuté de près de 1600 points en séance, avant de clôturer en baisse de 4,60%.

«Les investisseurs sont convaincus que l'inflation revient et que les taux d'intérêt vont grimper plus haut que ce qui avait été anticipé», a résumé Stephen Innes, responsable des transactions Asie-Pacifique chez Oanda, interrogé par l'AFP.

Tout comme les donneurs d'ordres se détournent des actions, plus risquées que les obligations, ils se réfugiaient mardi vers le yen, valeur refuge prisée en période d'incertitudes.

De même l'once d'or montait-elle à 1343 dollars vers 2h00, contre 1333,60 dollars lundi soir.

«Choc»

Après la fièvre qui s'était emparée des marchés ces dernières semaines, «cette soudaine baisse est un choc», a commenté auprès de l'AFP Toshihiko Matsuno, de SMBC Nikko Securities.

Les marchés entrent maintenant «dans une phase de correction», a-t-il ajouté, avec un déclin de plus de 10% pour l'indice Nikkei par rapport au plus haut du 23 janvier, tout comme le Dow Jones avait lâché lundi plus de 10% en séance par rapport à son record du 26 janvier.

Déjà chahutées lundi, les Bourses européennes, qui s'apprêtaient à ouvrir, risquent de vivre une nouvelle séance difficile, sans forcément céder à la même panique qu'en Asie où «les places ont tendance à surréagir», note M. Innes.

Autre actif risqué délaissé, la devise virtuelle bitcoin, en forte baisse depuis plusieurs semaines, poursuivait sa chute mardi, tombant même brièvement sous les 6000 dollars alors qu'il frôlait les 20 000 dollars en décembre. Il évoluait autour de 6260 dollars vers 2h00.

Toutefois, malgré ces impressionnantes dégringolades, les observateurs restaient sereins. «Le moment était venu d'une correction», estime Stephen Innes qui ne voit pas là les prémices d'un «krach».

«Nous pensons que c'est une correction saine et en même temps éphémère», renchérissait Peter Garnry, analyste de Saxo Bank.

«Il y a même des possibilités d'achats, peut-être pas aujourd'hui, mais plus tard dans la semaine, après ces massifs mouvements de ventes», soulignait de son côté pour l'agence Bloomberg Sean Fenton, responsable de portefeuille chez Tribeca Investment Partners à Sydney.




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