Fort repli à Toronto et New York

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Les investisseurs avaient toujours de nombreuses raisons de vouloir éviter toute prise de risque mercredi, à commencer par le marché du pétrole, toujours orienté en repli.

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Agence France-Presse
New York et Toronto

Les Bourses de Toronto et New York ont clôturé en forte baisse mercredi, entraînées par la nouvelle dégringolade du pétrole et la chute des Bourses européennes, elles-mêmes déstabilisées par de mauvaises nouvelles venues d'Asie.

Sur Bay Street, l'indice composé S&P/TSX a culbuté de 193,34 points (-1,50%) pour terminer les échanges à 12 726,80 points.

Le dollar canadien a terminé la journée à son plus faible niveau en plus de 12 ans, les inquiétudes sur la croissance économique chinoise et certaines tensions géopolitiques ayant pesé sur la plupart des marchés d'actions à travers le monde. Le huard, particulièrement sensible au cours du pétrole, a lâché mercredi 0,46 cent US à 71,02 cents US, après avoir retraité sous la barre des 71 cents US plus tôt dans la journée. Il s'agissait néanmoins du plus faible cours de fermeture de la devise depuis juillet 2003, alors qu'il se remettait d'un creux historique de 61,79 cents US atteint en janvier 2002. Le cours du pétrole brut a échappé 2 $ US pour clôturer à 33,97 $ US le baril à la Bourse des matières premières de New York, son plus faible niveau depuis 2008. Le prix du lingot d'or a pour sa part avancé de 13,50 $ US à 1091,90 $ US l'once. Le prix du cuivre a effacé 0,75 cent US à 2,088 $ US la livre à New York.

Selon des résultats définitifs, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average a reculé de 252,15 points (-1,47%) à 16 906,51 points et le Nasdaq, à dominante technologique, de 55,67 points (-1,14%) à 4835,76 points.

Particulièrement suivi par les investisseurs, l'indice élargi S&P 500 a perdu 1,31%, soit 26,45 points à 1990,26 points.

Le Dow Jones, en repassant sous les 17 000 points, et le S&P500, sous les 2000 points, se retrouvent à leur plus bas niveaux depuis trois mois.

«C'est un mélange toxique d'incertitudes économiques et géopolitiques» qui a entraîné le marché à la baisse, a commenté Jack Ablin, chez BMO.

Le marché a notamment souffert dans l'après-midi de la chute du marché du pétrole, les références américaine et européenne du brut ayant chuté d'environ 6% pour renouer avec des niveaux plus vus depuis décembre 2008, pour le WTI coté à New York, et juillet 2004 pour le Brent échangé à Londres.

Vu l'amplitude de cette dégringolade, provoquée par une nouvelle augmentation des stocks de produits pétroliers américains sans espoir de rééquilibrage à court terme, M. Ablin a jugé que le marché boursier résistait «plutôt bien». Surtout que fondamentalement, «les actions sont chères et les données fondamentales, en termes de bénéfices et de chiffre d'affaires des entreprises, ne sont pas à la hauteur des attentes».

La journée avait mal commencé, après l'annonce par Pyongyang d'un nouvel essai nucléaire, même si en cours de journée la Maison Blanche est venue assurer qu'il ne s'agissait pas d'une bombe H, bien plus puissante qu'une bombe atomique ordinaire.

Les Bourses européennes ont ensuite fini en forte baisse, déprimées également par un indicateur décevant sur l'activité dans les services en Chine.

Aux Etats-Unis aussi les services, moteur de l'économie, font grise mine: l'association professionnelle ISM a fait état d'un ralentissement inattendu en décembre.

Enfin, la Banque mondiale a revu en forte baisse sa prévision de croissance économique dans le monde pour 2016, désormais prévue à 2,9%, après 2,4% l'an dernier.

Maigre consolation, la société de services ADP a annoncé que les créations d'emplois dans le secteur privé américain avaient été plus robustes que prévu en décembre, ce qui est de bon augure avant les chiffres du gouvernement attendus vendredi.

Mais comme l'a noté Patrick O'Hare, chez Briefing, un bon chiffre de créations d'emplois «gardera probablement la Réserve fédérale sur la voie d'une nouvelle hausse des taux d'intérêt en mars», une perspective qui a tendance à inquiéter les investisseurs.

Énergie en baisse

Logiquement vu la chute des cours du pétrole, le secteur de l'énergie a plombé la cote avec une chute de 3,62%. Certaines valeurs ont mieux résisté que d'autres: Chevron a lâché 3,95% à 86,07 dollars, ExxonMobil seulement 0,83% à 77,47 dollars.

Apple, pénalisé par des informations de presse faisant état d'une réduction de la production de ses téléphones iPhone 6 et iPhone 6S, a cédé 1,96% pour finir au plus bas depuis plus d'un an, à 100,70 dollars.

Netflix a en revanche bondi de 9,31% à 117,68 dollars après avoir annoncé que 190 pays au total (sur un total de 193 comptabilisés par l'ONU), mais pas la Chine, auraient accès à ses vidéos en ligne.

Le laboratoire pharmaceutique Valeant a gagné 1,53% à 102,40 dollars après la nomination d'un directeur général par intérim, Howard Schiller pendant que le titulaire du poste Michael Pearson reste hospitalisé en raison d'une pneumonie.

La chaîne de restauration rapide d'inspiration mexicaine Chipotle a chuté de 4,98% à 426,67 dollars après l'annonce d'une enquête pénale suite à l'épidémie de gastro-entérites dans ses établissements.

Le groupe d'agrochimie Monsanto, qui a annoncé un durcissement de son plan d'économies en même temps qu'une perte nette un peu moins forte que prévu pour la période septembre-novembre, a perdu 1,58% à 95,21 dollars.

Le marché obligataire profitait du recul du marché d'actions. Le rendement des bons du Trésor à dix ans baissait à 2,174% contre 2,240% mardi soir, et celui des bons à 30 ans à 2,936% contre 3,002% la veille.

- Avec La Presse Canadienne




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