Google rate encore la cible

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Le géant informatique Google attribue le ralentissement de ses affaires à l'impact défavorable du vigoureux dollar américain et à la maturation du marché pour les moteurs de recherche du web.

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Paul Durivage
La Presse

Google a raté la cible, une fois de plus. Pour le cinquième trimestre consécutif, le géant du web a fait moins bien qu'attendu par la communauté financière. Même que cette fois, Google déçoit tant à la première qu'à la dernière ligne de la colonne des résultats trimestriels.

Les bénéfices de l'entreprise californienne ont progressé de 40% sur une base annuelle pour atteindre 4,8 milliards US, ou 6,88$US par action, au cours des trois mois terminés le 31 décembre. C'est tout de même nettement en deçà des 7,11$US projetés par la quarantaine d'analystes qui s'y intéressent. Les revenus ont de même augmenté, de 15%, à 18,1 milliards US, mais tombent sous la cible de 18,5 milliards US des analystes sondés par Thomson Reuters.

L'entreprise attribue le ralentissement de ses affaires à l'impact défavorable du vigoureux dollar américain et à la maturation du marché pour les moteurs de recherche du web. Google compte pour plus du tiers du budget publicitaire mondial sur le web avec neuf dixièmes du marché des moteurs de recherche.

Les clics sur les annonces publiées sur les sites de Google ont augmenté de 14% au dernier trimestre, mais le prix moyen par clic a baissé de 3%. Cette ristourne fond depuis plus de deux ans en raison de l'impact moindre des publicités vues sur les appareils mobiles par rapport aux ordinateurs de table.

Chute en Bourse

Premières réactions boursières: l'action GOOG a chuté de 2,6%, à 500$US tout rond, sur le marché hors cote dans les 30 minutes suivant la publication des résultats de fin d'année. Elle s'est ensuite redressée jusqu'à retrouver le niveau de clôture la demi-heure suivante. La troisième capitalisation des États-Unis (après Apple et Exxon) a abandonné près de 5% de sa valeur à la Bourse NASDAQ depuis le début de l'année, et environ 9% l'an dernier, tandis qu'Apple gagnait 63%.

Google a déçu les marchés au cours de 26 des 44 derniers trimestres, soit 59% du temps. Selon WhisperNumber.com, ces écarts lui coûtent généralement 0,7% de sa valeur en Bourse le jour suivant ou 0,8% après 30 jours. «Pour susciter un peu d'excitation, il lui faudra aligner plusieurs trimestres de bonnes surprises», écrit le collaborateur du site financier populaire.

«Google est peut-être en panne, mais ne l'abandonnez pas», prévenait hier après-midi Ophir Gottlieb, sur le site MarketWatch. Le président de Capital Market Laboratories rappelle que Google a prévenu la communauté financière, il y a quelques années, qu'elle se concentrait dorénavant sur la croissance à long terme et les percées technologiques, et non plus sur l'évolution de trimestre en trimestre.

Google est loin d'être un géant endormi comme IBM qui a passé pratiquement une décennie sans réelle croissance de ses affaires, affirme Gottlieb. L'entreprise a un budget faramineux de recherche et développement pour soutenir sa croissance, rappelle-t-il. Elle a engagé près de 10 milliards US en R et D l'an dernier, soit 4 milliards US de plus qu'Apple, malgré des revenus et bénéfices nettement moindres.

Les dernières initiatives de Google vont des verres de contact multifonctions (un partenariat avec Novartis) aux autos autonomes en passant par les services internet à haute altitude. L'entreprise a par contre annoncé la semaine dernière la suspension de la vente de son prototype de lunettes interactives Google Glass, dont il promet de nouvelles versions dans un avenir non déterminé.

La recommandation

Google a toujours la cote dans la communauté financière. À la veille de la publication de ses derniers résultats trimestriels, l'entreprise obtenait encore 44 recommandations d'achat, comparativement à 13 «à conserver» et aucune suggestion de vente, selon Bloomberg. Apple, Yahoo!, Microsoft et même Amazon ne sont pas aussi bien cotées. L'analyste Dorothy Lakner, de la firme Topeka, dit s'accrocher à Google malgré tous les défis à venir, comme la réglementation européenne et le détournement de la publicité par les médias sociaux. Selon elle, un plan de redistribution de valeur aux actionnaires est un des rares propulseurs identifiables.




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