Funérailles nationales pour la première femme députée Claire Kirkland-Casgrain

  • Paul-Gérin Lajoie, ministre de la Jeunesse, venu partager la victoire remportée par Claire Kirkland-Casgrain dans la circonscription de Jacques-Cartier, le 14 décembre 1961. À l'arrière-plan, Philippe Casgrain, son époux. (Photo Michel Giroux, archives La Presse)

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    Paul-Gérin Lajoie, ministre de la Jeunesse, venu partager la victoire remportée par Claire Kirkland-Casgrain dans la circonscription de Jacques-Cartier, le 14 décembre 1961. À l'arrière-plan, Philippe Casgrain, son époux.

    Photo Michel Giroux, archives La Presse

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  • Claire Kirkland-Casgrain, candidate libérale dans la circonscription de Jacques-Cartier, accueille le ministre des richesses naturelles, René Lévesque, lors d'une assemblée tenue en faveur de cette dernière, à LaSalle, en décembre 1961. (Photo Réal St-Jean, archives La Presse)

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    Claire Kirkland-Casgrain, candidate libérale dans la circonscription de Jacques-Cartier, accueille le ministre des richesses naturelles, René Lévesque, lors d'une assemblée tenue en faveur de cette dernière, à LaSalle, en décembre 1961.

    Photo Réal St-Jean, archives La Presse

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  • Trois nouveaux ministres du cabinet Lesage: Carrier Fortin, Pierre Laporte et Claire Kirkland-Casgrain, le 5 décembre 1962. (Photo d'archives La Presse)

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    Trois nouveaux ministres du cabinet Lesage: Carrier Fortin, Pierre Laporte et Claire Kirkland-Casgrain, le 5 décembre 1962.

    Photo d'archives La Presse

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  • Claire Kirkland-Casgrain inaugure la nouvelle prison des femmes, rue Tanguay. Elle se trouve ici dans l'atelier de couture de l'établissement, en compagnie du directeur de la prison de Bordeaux, de René Saint-Pierre, ministre des Travaux Publics et de la directrice de la prison Jeanette Boisseau, le 6 mai 1964. (Photo d'archives La Presse)

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    Claire Kirkland-Casgrain inaugure la nouvelle prison des femmes, rue Tanguay. Elle se trouve ici dans l'atelier de couture de l'établissement, en compagnie du directeur de la prison de Bordeaux, de René Saint-Pierre, ministre des Travaux Publics et de la directrice de la prison Jeanette Boisseau, le 6 mai 1964.

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  • Claire Kirkland-Casgrain, en janvier 1963 (Photo PAUL HENRI TALBOT, archives LA PRESSE)

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    Claire Kirkland-Casgrain, en janvier 1963

    Photo PAUL HENRI TALBOT, archives LA PRESSE

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  • Claire Kirkland-Casgrain, en 1970. (Photo d'archives PC)

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    Claire Kirkland-Casgrain, en 1970.

    Photo d'archives PC

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La première femme députée, première femme ministre et première femme juge au Québec, Claire Kirkland-Casgrain est morte jeudi. Elle avait 91 ans. Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a annoncé qu'elle aurait droit à des funérailles nationales. Encore une première : aucune Québécoise n'a encore eu droit à cet honneur.

Le premier ministre dit vouloir souligner « l'engagement et le dévouement de Mme Kirkland-Casgrain qui, en tant que première femme à exercer des fonctions dans les domaines politique et juridique au Québec, a mis ses convictions au service de l'égalité entre les femmes et les hommes. »

Jeudi, le temps de quelques heures, politiciens et militants ont mis de côté leurs allégeances et ont multiplié les hommages célébrant cette pionnière « qui fut la première à briser le plafond de verre pour toutes les femmes en politique », pour reprendre les mots de chef de la coalition Avenir Québec, François Legault.

«Une figure inspirante pour celles et ceux qui travaillent pour une réelle égalité. [...] La parité dans les lieux de pouvoir n'est malheureusement toujours pas une réalité ici. Nous avons donc encore besoin de nous inspirer de son courage et de sa ténacité pour y arriver.»

Le Conseil du statut de la femme

Féministe, politicienne, juriste et mère de famille, Claire Kirkland-Casgrain est devenue le 14 décembre 1961 la première femme à siéger à l'Assemblée nationale après avoir remporté une élection partielle pour le Parti libéral. Elle succédait ainsi à son père Charles-Aimé Kirkland, député de la circonscription de Jacques-Cartier depuis 1939.

À Québec, la présence d'une femme ne passe pas inaperçue et cette dernière ne tarde pas à faire sa marque, refusant de porter un chapeau, comme le veut la règle.

Au parlement, elle se voit comme la « représentante des femmes ». Dans une entrevue accordée au journal de l'université McGill en 1998, elle raconte : « Lorsque mes collègues du Parti libéral recevaient les demandes de femmes électrices, ils les adressaient à moi ».

Ambitieuse, Mme Kirkland-Casgrain gravit rapidement les échelons, devenant ministre sous Jean Lesage. Elle dirige successivement plusieurs ministères, dont les Transports et les Communications, le Tourisme, et les Affaires culturelles. Elle est même nommée première ministre intérimaire du 2 au 6 août 1972.

« Au fur et à mesure que les années passaient, les choses étaient un peu plus faciles. (...) Les gens comprenaient mieux que les femmes avaient, elles aussi, leur place, qu'elles pouvaient apporter quelque chose », confiait la pionnière dans une entrevue publiée en 2005 sur le site du Barreau.

Elle demeure toutefois la seule femme députée (Lise Bacon sera la deuxième) jusqu'à son départ de la politique dans les années 1970. Elle reprend alors le chemin du droit, brisant du même coup une nouvelle barrière lorsque le 14 février 1973, elle devient la première femme juge avec un poste à la Cour provinciale et un poste de présidente de la Commission du salaire minimum.

Claire Kirkland-Casgrain est née à Palmer, dans l'État du Massachusetts, le 8 septembre 1924. Elle a fait ses études de droit à l'Université McGill et à Genève, en Suisse. Elle a été admise au Barreau du Québec en octobre 1952.

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Quelques chiffres

34 : Nombre de femmes députées sur un total de 125 à l'Assemblée nationale. Elles étaient 41 après les élections de 2012. Il n'y en avait qu'une seule en 1961 et 5 à compter de 1976.

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Plusieurs réactions après la mort de Claire Kirkland-Casgrain: 

«Par sa contribution unique à notre société et sa brillante carrière, Mme Kirkland-Casgrain est un véritable symbole pour l'histoire des femmes au Québec. En tant que femmes, nous lui sommes donc énormément reconnaissantes. Son apport précieux à la cause de l'égalité entre les femmes et les hommes restera gravé dans notre mémoire collective.»

Lise Thériault
ministre de la Condition féminine

«Le cheminement de Mme Kirkland-Casgrain est tout simplement admirable. Il est difficile pour nous aujourd'hui d'imaginer le nombre de difficultés et de tracas auxquels elle a dû faire face en entrant à l'Assemblée nationale.»

Denis Coderre
Maire de Montréal

«Toutes les Québécoises et tous les Québécois lui doivent beaucoup.»

Pierre-Karl Péladeau
Chef du parti québécois

«Une immense perte pour le Québec.»

Régine Laurent
Présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé, qui représente 66 000 infirmières

«Merci pour tout Madame Kirkland-Casgrain. Vous avez su briser tout un plafond de verre et en inspirer bien d'autres.»

Véronique Hivon
Députée péquiste, sur Twitter

«Hommage et respect à une grande Canadienne.»

Gérard Deltell
Député conservateur
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