Réfugiés syriens: les parrains privés freinés par Ottawa

Jim Estill avait fait les manchettes l'an dernier pour... (PHOTO DARREN CALABRESE, LA PRESSE CANADIENNE)

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Jim Estill avait fait les manchettes l'an dernier pour sa volonté de parrainer 50 familles syriennes au pays. Il n'a pu en accueillir que cinq jusqu'à maintenant.

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Stephanie Levitz
La Presse Canadienne
OTTAWA

Ils ont des maisons en ordre, des garde-mangers remplis de riz, de pâtes et de conserves, des plans pour aller les chercher à l'aéroport, et des milliers de dollars en banque, mais les parrains privés de réfugiés syriens n'ont pas de confirmation à savoir s'ils vont accueillir une famille syrienne dans leur communauté prochainement.

En tant que ministre fédéral de l'Immigration, John McCallum est attendu à un très important sommet des Nations unies sur la question des réfugiés syriens cette semaine. Les groupes de parrainage au Canada lui demandent donc de reconsidérer les plafonds d'accueil de réfugiés et les coupes dans les traitements des dossiers pour cette année, alors que les arrivées de certains groupes seront repoussées, possiblement jusqu'à l'an prochain.

L'homme d'affaires de Guelph, en Ontario, Jim Estill avait fait les manchettes l'an dernier pour sa volonté de parrainer 50 familles syriennes au pays. Malgré que ses démarches aient été complétées la mi-janvier, il n'a accueilli que cinq familles à ce jour. Il ne comprend pas comment 25 000 personnes ont pu arriver ici en trois mois - de décembre à février -, alors qu'il faudra trois fois plus de temps pour faire venir un plus petit nombre de réfugiés.

Sur la côte nord de la Nouvelle-Écosse, plus de 65 personnes travaillaient ensemble depuis des mois pour tenter de venir en aide à une famille de six personnes. Ils attendent encore d'être jumelés à une famille sous le programme fédéral partageant les coûts avec les groupes privés.

Ron MacNutt, le porte-parole du Groupe d'établissement des réfugiés de la côte nord, a dit que son groupe travaillait pour maintenir l'élan de solidarité.

Il a dit que plusieurs grands groupes de parrains étaient prêts à attendre et discutaient de la question chaque semaine à l'église ou ailleurs, mais que les délais étaient sources de déception.

«Ça a commencé comme un acte de charité et de bonne volonté, a-t-il dit. Ce n'est pas comme si nous essayons de remplir un quota, nous essayons juste d'aider.»

La méthode utilisée par le gouvernement fédéral, celle du Programme mixte des réfugiés désignés par un bureau des visas (RDBV), qui jumelle des réfugiés désignés par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) avec des répondants privés au Canada, obtient un résultat mitigé. Il faut attendre plusieurs semaines avant que les noms apparaissent sur les listes. Le 14 mars, quelques centaines de noms sont apparus sur les listes, et ils ont rapidement été jumelés en moins de 24 heures. La prochaine liste est attendue d'un jour à l'autre.

À ce jour, un peu plus de 2200 Syriens sont arrivés dans le cadre de ce programme mixte. L'objectif du programme - réfugiés syriens ou autres - est de seulement 2400 pour cette année. Un chiffre qui fait se questionner plusieurs sur la capacité d'accueil au pays.

«Les options pour augmenter le nombre d'arrivées en 2016, tout en restant dans les niveaux globaux qui ont été fixés, sont à l'étude», selon ce qu'a dit, par courriel, la porte-parole de ministère de l'Immigration Faith St-John.

Le ministre John McCallum figure parmi les conférenciers d'honneur du sommet de l'ONU qui aura lieu à Genève, en Suisse. Il doit d'ailleurs s'attarder principalement au programme des parrains privés, l'un des rares programmes du genre dans le monde.

La cible totale pour les réfugiés parrainés par le secteur privé est de 17 800, cette année.

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