Mort d'un adolescent à Saint-Bruno: l'enquête se poursuit

L'école secondaire André-Laurendeau, que fréquentait le jeune homme,... (Martin Chamberland, archives La Presse)

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L'école secondaire André-Laurendeau, que fréquentait le jeune homme, a déployé un soutien professionnel pour accompagner les élèves et le personnel.

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La Presse Canadienne

L'enquête de la police de Longueuil se poursuivait lundi afin de déterminer les causes et les circonstances entourant la mort tragique de Simon Dufour, un adolescent de 15 ans qui se serait enlevé la vie la semaine dernière en se jetant devant un train à Saint-Bruno-de-Montarville, en Montérégie.

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Simon Dufour, un jeune de 15 ans, se serait enlevé la vie le 23 novembre 2017 en se jetant devant un train à Saint-Bruno-de-Montarville, en Montérégie.

Photo fournie par la famille

La porte-parole du corps policier, Claudine Després, a expliqué que les enquêteurs s'affairaient à recueillir des témoignages et des indices pour faire la lumière sur le triste événement.

L'adolescent de 15 ans était victime d'intimidation depuis longtemps, selon sa soeur, Karine Dufour. Elle a précisé qu'il faisait l'objet de railleries depuis l'école primaire.

La police de Longueuil a indiqué dimanche que, si des individus avaient pris pour cible l'adolescent, ils pourraient éventuellement être traduits en justice.

Entre-temps, l'école secondaire André-Laurendeau, que fréquentait le jeune homme, a déployé un soutien professionnel pour accompagner les élèves et le personnel. Des interventions individuelles et de groupe ont été mises en place afin d'apporter l'aide nécessaire à ceux qui en manifestent le besoin.

En entrevue avec La Presse canadienne lundi matin, le père de Simon, Martin Dufour, a souligné que la direction de l'école n'avait toujours pas contacté la famille, ne serait-ce que pour offrir ses condoléances.

Selon lui, il est temps que les intimidateurs soient tenus responsables de leurs actions.

M. Dufour a dit s'être entretenu avec les administrateurs de l'école au fil des années sans que rien ne vienne ultimement en aide à son fils. Il espère obtenir des réponses lors d'une prochaine rencontre cette semaine.

«Moi, ce que je voudrais, c'est qu'il y ait un plan québécois que toutes les écoles appliqueraient à la lettre. Il y a un plan à l'école André-Laurendeau qui existe, mais moi, j'ai jamais eu de suivi là-dessus. J'ai déjà fait des suivis avec l'école pour mentionner que Simon avait des problèmes, on m'a dit, oui, on s'en occupe, inquiétez-vous pas, ça va être fait», a-t-il souligné en entrevue.

«Après deux fois, si la personne récidiviste ne comprend pas le message, il faudrait que quelque chose soit fait. Pas (...) une suspension d'une journée, et on passe à autre chose. Les intimidateurs savent qu'ils n'ont aucune conséquence. Aucun parent ne devrait perdre son enfant, aucun enfant ne devrait être rendu à un point tellement triste et tellement décontenancé pour s'enlever la vie», a-t-il ajouté.

Pas de signes avant-coureurs

Décrit par sa famille comme une personne adorant écouter de la musique, jouer à des jeux vidéo et faire des blagues, Simon Dufour faisait face à une constante intimidation, mais son père a souligné qu'il semblait y avoir eu une amélioration ces derniers mois et qu'il n'y avait pas eu de signaux clairs que les choses prenaient une tournure encore plus dramatique.

«C'est ça qui est le plus blessant et le plus difficile à comprendre. Jeudi matin avant de partir, je l'ai réveillé à 5h. Je lui ai dit »bonjour«. Moi je m'en allais à un tournoi de hockey. Il m'a dit »Bon tournoi, papa, on se revoit dimanche«. Il m'a fait un beau sourire, un câlin. Je suis parti, et d'après le déroulement que je me suis fait dire, pas longtemps après, il est parti et il est allé s'enlever la vie», a relaté M. Dufour.

Le père est par ailleurs satisfait que la police ait ouvert une enquête. Il croit qu'un groupe de jeunes intimidait son fils, mais il n'en a pas la certitude.

«S'il y avait des personnes qui intimidaient Simon, je veux qu'elles soient soumises à toute la force de la loi», a-t-il affirmé.

Le ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport du Québec, Sébastien Proulx, a dit lundi avoir eu l'occasion de rencontrer des représentants de la commission scolaire, et s'être fait dire que l'école devait entrer en contact avec les parents.

«Cela a peut-être déjà été fait. C'est un dossier qui, semble-t-il, est très complexe. J'ai entendu que même le service de police s'en mêle. Vous comprendrez que moi, je n'ai pas d'autres éléments à partager maintenant, si ce n'est de dire qu'il faut poursuivre le soutien de nos différents programmes. Dans chacune des écoles du Québec, il y a un plan de lutte à l'intimidation. La loi l'a demandé. Cela a été fait. Il y a des gens qui sont responsables. On les soutient», a dit le ministre en mêlée de presse.

«On n'en a jamais parlé autant que maintenant, en passant. Est-ce qu'on sera capable de s'assurer que des événements comme ceux-là, ou des événements moins tristes parce qu'il y a toujours des conséquences (à l'intimidation), ne se reproduisent plus? Non, mais est-ce qu'on peut s'assurer de mettre en place les balises pour prévenir? Je le souhaite, en tout temps», a-t-il ajouté.

Questionné sur les récriminations des parents quant au manque de suivi par les directions d'écoles, M. Proulx a affirmé que le gouvernement allait «demander aux commissions scolaires et aux écoles de rendre des comptes».

«Ça fait depuis peu qu'on a des plans de lutte à l'intimidation. On veut prévenir, on veut agir», a-t-il affirmé.

Les jeunes ayant des pensées suicidaires sont encouragés à joindre le service Jeunesse, J'écoute au 1 800 668-6868.




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