Triste fin pour un pompier de Lac-Mégantic

Un pompier sur la scène d'enquête à Lac-Mégantic... (Photo Olivier Jean, archives La Presse)

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Un pompier sur la scène d'enquête à Lac-Mégantic l'été dernier.

Photo Olivier Jean, archives La Presse

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Tragédie à Lac-Mégantic

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Tragédie à Lac-Mégantic

Un convoi ferroviaire transportant du pétrole brut a explosé à Lac-Mégantic, le 6 juillet, faisant plusieurs morts et rasant la quasi-totalité du centre-ville historique de cette municipalité. »

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À 25 ans, il était une toute jeune recrue du Service de sécurité incendie de Lac-Mégantic. Il ne s'était encore jamais rendu sur les lieux d'un incendie, aussi mineur soit-il, quand un train rempli de pétrole a dévasté la petite ville le 6 juillet dernier.

Le baptême du feu a été terrible pour lui. Quelques jours plus tard, il extirpait la dépouille de son ex-conjointe des décombres calcinés du centre-ville.

Quatre mois plus tard, il s'enlevait la vie.

C'est ce que révèle le récent rapport du coroner Robert Giguère sur le suicide du jeune pompier, le 29 octobre dernier. Il venait de passer la nuit à échanger des messages avec sa copine du moment et un ami.

Le bref rapport qui tient sur une demi-page ne détermine pas la source exacte du mal qui a mené le jeune homme à commettre l'irréparable.

En plus d'avoir fait la terrible découverte, il a vécu dans les semaines suivantes d'autres difficultés au plan affectif.

Tout cela s'est amalgamé pour lui rendre l'existence insupportable. Mais la tragédie du 6 juillet est l'élément déclencheur, selon ses proches.

Le 10 juillet, les autorités affirmaient que les pompiers locaux seraient affectés à d'autres tâches que la récupération de corps, pour justement leur éviter le traumatisme de découvrir les cadavres de proches.

Craintes des autorités

La perte en des circonstances atroces de 47 citoyens de Lac-Mégantic a dès les premiers jours fait craindre aux autorités psychosociales une recrudescence des suicides dans la région.

«Cet événement nous a menés à axer nos interventions sur les pompiers. Ils ont tous été appelés, ou contactés par courrier, par nos services. On leur a fait une offre de services. Nous avons également élargi nos interventions à leurs conjointes. Nous avons trouvé chez eux des gens en grande détresse. Plusieurs connaissaient les victimes. Pour faire le type d'intervention qui leur a été demandée, il faut être capable d'objectiver la situation, se dire que ce sont juste des corps. Mais dans leur cas, c'était impossible de prendre leur distance», explique Céline Larin, coordonnatrice administrative des services psychosociaux du CSSS du Granit.

Elle se console. Il n'y a pas eu, à sa connaissance, d'autres suicides ou tentatives découlant du drame de juillet.

«Je craignais qu'il y en ait plus. Les gens font preuve d'une résilience exceptionnelle. Depuis les Fêtes, nous observons que plusieurs sont entrés dans une nouvelle phase. Nous sommes en fin d'intervention avec certains. Mais il faut faire attention, nous continuons d'avoir de nouvelles demandes d'aide chaque semaine. Les gens doivent être à l'affût de tout symptôme, perte de sommeil, d'énergie, d'appétit, et venir nous voir. Certains ne sont même pas capables de regarder un coucher de soleil», poursuit Mme Larin.




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