Bertrand Charest: quatre autres plaignantes sortent de l'ombre

Allison Forsyth (à gauche) et Geneviève Simard, lors... (Photo Alex Trovati, archives Associated Press)

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Allison Forsyth (à gauche) et Geneviève Simard, lors d'une épreuve de la Coupe du monde de ski en 2005.

Photo Alex Trovati, archives Associated Press

Quatre autres plaignantes dans le dossier de l'entraîneur de ski Bertrand Charest sont sorties de l'ombre ce matin, après avoir demandé au tribunal de lever l'ordonnance de non-divulgation qui protégeait leur identité.

À l'instar de Geneviève Simard, Gail Kelly, Anna Prchal et Amélie-Frédérique Gagnon vendredi, voilà qu'Émilie Cousineau, Gillian McFetridge, Katie Bertram et Allison Forsyth veulent à leur tour parler publiquement.

La juge Hélène Di Salvo de la Cour supérieure a accédé à leur demande lors d'une courte audience au palais de justice de Montréal. Les femmes n'étaient pas présentent au tribunal. Elles donneront des entrevues demain.

Parmi les plaignantes, seulement une a été officiellement reconnue victime par la cour lors du verdict de culpabilité concernant Charest l'été dernier, au terme de son procès à Saint-Jérôme. Les autres estiment toutefois avoir souffert dans la foulée des gestes posés par leur ancien coach.

«Elles se considèrent toutes comme des victimes, mais ça ne veut pas dire que les charges ont été retenues en ce qui a trait à ces femmes-là», a expliqué l'avocate des femmes, Me Julie Girard.

L'ex-entraîneur étoile a été reconnu coupable en juin de 37 chefs d'accusation sur les 57 dont il était accusé. Seules neuf des 12 plaignantes ont ainsi été officiellement reconnues comme des victimes. Charest a été acquitté de 18 chefs, alors que deux autres accusations ont été écartées parce que les faits rapportés se sont déroulés en Nouvelle-Zélande, hors de la juridiction du tribunal.

Séquelles

«Bertrand Charest était mon entraîneur de ski et m'a agressé sexuellement en 1996 et 1998. J'avais 16 ans au début des abus», écrit Émilie Cousineau dans un affidavit déposé ce matin à la Cour.

«Ces agressions ont eu des effets dévastateurs sur ma santé tant physique que psychologique. J'ai vécu et je vis encore avec des sentiments de honte et de culpabilité quant aux agressions que j'ai subies.»

Allison Forsyth, olympienne aux Jeux de 2002, raconte pour sa part avoir été agressée sexuellement en 1997 et 1998 alors qu'elle était membre de l'Équipe nationale junior. Elle aussi parle d'un sentiment de honte et de culpabilité. Elle précise que le coach n'a pas été condamné pour les gestes qu'il aurait posés contre elle.

«Une façon de poursuivre mon cheminement est de parler publiquement de ce qui m'est arrivé dans le but de sensibiliser la société à l'importance de la sécurité dans le sport. Je veux devenir une voix qui fera changer les choses. Je veux participer à faire du sport un endroit sécuritaire pour tous.»

Pour Katie Bertram, qui elle non plus ne fait pas partie des victimes reconnues par le tribunal au terme du procès, c'est aussi pour faire de la sensibilisation si elle est sortie de l'ombre. «Les années que j'ai passées avec lui comme coach ont eu des effets sur ma santé. Je veux faire face au public pour le sensibiliser aux risques qui attendent les athlètes, jeunes et vieux.»

Gillian McFetridge explique, toujours par le biais d'un affidavit, avoir été inspirée par le mouvement #moiaussi pour se dévoiler. «Dans les dernières années, le fait d'avoir entendu les histoires de #moiaussi m'a aidée. Je crois que chaque voix compte.»

Deuxième vague

Lundi, quatre autres athlètes ont parlé publiquement pour la première fois, après avoir mené une démarche semblable devant la Cour supérieure vendredi.

Lors d'une conférence de presse, Mmes Simard, Prchal, Gagnon et Kelly ont notamment demandé aux gouvernements fédéral et provinciaux d'adopter une nouvelle politique de protection des sportifs de tout le pays.Avec l'organisme de soutien et de promotion du sport B2dix et l'Association canadienne des entraîneurs, les femmes demandent la mise en place de ce qu'elles appellent un « critère d'éligibilité », qui forcerait les fédérations sportives à obtenir une accréditation officielle pour avoir des subventions publiques.

Pour gagner cette accréditation, les fédérations devraient respecter trois critères :

  • Une formation obligatoire en ligne sur les agressions sexuelles pour les entraîneurs, athlètes, bénévoles
  • Des règles pour assurer la protection des athlètes
  • Un ou des officiers indépendants, sorte d'ombudsman qui veillerait à l'application de cette protection et qui pourrait gérer lui-même les incidents.
  • On espère une mise en place universelle de ces critères d'ici à avril 2020. Des négociations sont déjà en cours avec les divers ordres de gouvernement, selon le président de B2dix, JD Miller.

Québec et Ottawa se sont montrés ouverts.




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