Le fonds secret de la SQ servait à bien des choses

Jean Audette, ex-directeur général adjoint aux enquêtes de... (Photo Patrick Sanfaçon, Archives La Presse)

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Jean Audette, ex-directeur général adjoint aux enquêtes de la SQ, est accusé de fraude et d'abus de confiance. Il est représenté par Me Pierre Dupras.

Photo Patrick Sanfaçon, Archives La Presse

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Le fonds de dépenses secrètes d'opérations (DSO) de la Sûreté du Québec (SQ) a servi à couvrir toutes sortes de dépenses, qui n'étaient pas si secrètes, comme des billets pour une soirée de retraite ou un tournoi de golf, des repas au restaurant, un séjour dans un chalet de chasse et pêche, des consommations au club social de la SQ, un congrès à Halifax...

C'est ce que Me Pierre Dupras a fait ressortir, hier, dans le cadre du procès pour fraude et abus de confiance de son client, Jean Audette. On reproche à cet ex-directeur général adjoint aux enquêtes de la SQ d'avoir signé des formulaires visant à rémunérer un consultant par l'entremise du fonds secret. Le consultant, Denis Despelteau, était un cadre retraité de la SQ qui n'avait plus le droit d'obtenir de contrat du gouvernement parce qu'il devait de l'argent au fisc. Le fonds de DSO aurait permis de contourner la règle.

Hier, c'est le témoin Mario Laprise, directeur général de la SQ de 2012 à 2014, qui était à la barre, pour la suite de son contre-interrogatoire. C'est pendant son mandat, et à sa demande, que l'enquête sur l'utilisation du fonds de dépenses secrètes a été déclenchée, en 2012. Dans la foulée, quatre hauts responsables ont été accusés, dont M. Audette.

SIGNATURES

M. Laprise a été interrogé toute la journée sur des dépenses payées au moyen du fonds de DSO qu'il a lui-même signées, entre 1993 et 2001. Il occupait alors les fonctions d'officier aux enquêtes. Me Dupras voulait savoir pourquoi certaines dépenses - tournois de golf, soirée de retraite d'un policier, réunions dans des hôtels et achat de véhicules au nom de la SQ - avaient été faites par l'entremise du fonds secret.

M. Laprise a fait valoir que les mentalités et la notion de confidentialité ont beaucoup évolué depuis. Dans les années 90, les officiers pouvaient réclamer des frais de représentation. D'autre part, la guerre des motards sévissait, et la SQ cherchait des moyens et des partenaires pour contrer ce fléau. Il y avait des rencontres à ce sujet. Une formulation pour expliquer les dépenses revenait souvent, a remarqué Me Dupras : « frais encourus avec différents intervenants dans le domaine du crime organisé, de l'échange d'informations et de plans stratégiques ».

HALIFAX

Pourquoi un séjour à Halifax pour un congrès sur les stupéfiants a-t-il été payé par l'entremise du fonds secret, alors que cette rencontre n'avait rien de secret ? a demandé Me Dupras.

« On était en 1993. C'était un échange sur le crime organisé. C'était dans l'époque. C'était une dépense qui sortait de l'ordinaire », a répondu M. Laprise.

Son témoignage se poursuit aujourd'hui.

«4

Nombre de hauts responsables qui ont été accusés dans la foulée de l'enquête sur l'utilisation du fonds de dépenses secrètes d'opérations de la Sûreté du Québec»





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