Une ado montréalaise voulait quitter la « terre des mécréants »

L'adolescente avait été interceptée in extremis à l'aéroport,... (PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE)

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L'adolescente avait été interceptée in extremis à l'aéroport, alors qu'elle comptait se rendre en Syrie.

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Une adolescente interceptée il y a un an à l'aéroport de Montréal par la GRC avait dans ses bagages une lettre d'adieu adressée à sa famille, dans laquelle elle explique partir en Syrie parce qu'il est de son devoir de quitter la « terre des mécréants ».

C'est ce que révèlent de nouveaux documents judiciaires sur l'interception d'un groupe de jeunes soupçonnés d'avoir voulu rejoindre des djihadistes en mai 2015. Les documents ont été rendus publics aujourd'hui à la demande de plusieurs médias, dont La Presse.

Dans la lettre saisie par les policiers, la jeune femme écrit avoir le choix de vivre à « Dar el kufr » (terre des mécréants) ou à « Dar el Islam » (terre de l'islam). Elle dit avoir l'obligation de faire la Hijra (immigration) parce qu'elle vit dans un pays de mécréants. Elle raconte partir vers le « Shaam » (la Syrie) « puisque c'est là que la Sharia, la charte des lois islamiques, est appliquée ».

L'adolescente craint aussi de la façon dont sa famille jugera son départ. Elle croit qu'ils la verront comme une personne qui a été « manipulée », « endoctrinée » ou qui a subi un « lavage de cerveau ». Elle écrit avoir fait un choix entre Allah et sa vie actuelle. Elle affirme avoir commencé à penser à partir en décembre 2014, mais avoir pris sa décision finale en mars, soit deux mois avant d'avoir été interceptée à l'aéroport.

« Ce qui est écrit est clair »

La jeune femme demande à ses proches de lire un extrait précis du Coran qui parle du Djihad. Selon elle, « ce qui est écrit est clair ». Si elle « tombe martyre », dit-elle, Allah lui demandera qui sont les personnes qu'elle aime pour qu'elles puissent entrer au paradis.

Elle évoque aussi ce que sera sa vie en Syrie. Elle dit que « personne ne lui a promis qu'elle vivra dans le luxe puisque c'est Dar el harb (terre de la guerre) ». Elle raconte qu'elle voulait se marier avec un « frère avec qui elle a fait des plans », mais que sa famille aurait refusé. Les documents ne précisent pas si le « frère » en question devait lui aussi faire partie du voyage.

Il est important de préciser que le contenu de ces documents, préparés par la GRC, n'a pas été prouvé devant le tribunal.

Lisez demain dans La Presse+ les détails du plan qu'avaient échafaudés les jeunes pour quitter le pays en douce.

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