Procès lié au terrorisme: plus de la moitié de la déclaration de l'ado inadmissible

L'enquêteur Brahim Soussi a interrogé l'adolescent le 17... (PHOTO IVANOH DEMERS, LA PRESSE)

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L'enquêteur Brahim Soussi a interrogé l'adolescent le 17 octobre 2014.

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Plus de la moitié de la déclaration que l'adolescent de 16 ans accusé de terrorisme a donnée, le soir du 20 octobre, n'est pas admise en preuve. Seulement 19 pages sur 50 sont admises.

C'est ce que la juge Dominique Wilhelmy a décidé ce matin, après avoir entendu les plaidoiries des avocats des deux parties. La partie rejetée de la preuve contenait les parties les plus incriminantes pour l'accusé. On en apprenait un peu plus sur ses liens avec Martin Couture-Rouleau, qui avait commis, dans la journée, un attentat mortel contre des militaires à Saint-Jean-sur-Richelieu. Le numéro de téléphone de Couture-Rouleau avait été trouvé dans la poche d'un pantalon appartenant à l'adolescent. Ce dernier, qui avait été arrêté pour un vol de 2000 $ dans un dépanneur, a aussi confié qu'il avait l'intention de faire un autre vol qualifié pour se payer un billet d'avion afin de se rendre en terre islamique.

En fait, la juge Wilhelmy a rejeté tout ce que le jeune a dit à partir du moment où, en cours d'interrogatoire, le jeune a demandé: «Est-ce que mon opinion sera une preuve contre moi?»

Le policier qui l'interrogeait lui a répondu qu'il avait le droit d'avoir une opinion, qu'il ne pouvait être poursuivi pour ses idées.  La juge conclut que l'enquêteur avait le devoir de rappeler à l'adolescent que tout ce qu'il dirait pourrait être retenu contre lui. Le procès se poursuit cet après-midi.

Rappelons que l'ado, qui avait 15 ans au moment des faits qui lui sont reprochés, doit répondre de deux accusations: avoir commis un vol qualifié au profit d'une organisation terroriste, et avoir voulu quitter le Canada pour participer aux activités d'un groupe terroriste. Le garçon a reconnu sa culpabilité en 2014, pour le vol qualifié qui lui avait rapporté 2000 $. Il a écopé une garde fermée d'un an dans un centre jeunesse.

Le jeune accusé assiste à son procès, assis dans le box des accusés, encadré par deux  agents. Il est toujours impassible. Son père est toujours dans la salle d'audience, mais son fils ne le regarde pas. C'est le père qui avait prévenu les policiers en 2014, après avoir trouvé le butin du vol caché dans la cour de la résidence. Il craignait que son fils se soit radicalisé. La famille est arrivée au Canada en 2003, en provenance d'Algérie. L'accusé avait quatre ans à ce moment.

«Je n'ai pas choisi de vivre dans ce pays», avait lancé l'adolescent, au cours d'une précédente déclaration qui, elle, a été admise en preuve.

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