Le procès du sénateur Brazeau avance à pas de tortue

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Patrick Brazeau

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne
Gatineau

L'avocat de Patrick Brazeau a de nouveau subi les foudres du magistrat qui préside le procès pour voies de fait et agression sexuelle du sénateur suspendu. Le procès devait durer trois jours et il s'étire en longueur.

Le juge Valmont Beaulieu est sorti de ses gonds, mardi, lorsque Me Gérard Larocque lui a annoncé son intention de reprendre le contre-interrogatoire de la victime présumée avec un aspect qui avait déjà été couvert, selon lui.

«Allez-y directement, sinon on n'en finira jamais», a tonné le magistrat à l'issue de cette sixième journée de procédures, au cours de laquelle les témoignages ont porté sur un incident allégué survenu un an avant les événements de février 2013 au coeur du procès.

L'avocat apostrophé a répliqué que son intention n'était nullement de faire «perdre volontairement» le temps de la Cour, et a assuré qu'à la reprise du procès, le 19 juin, il travaillerait dans cet esprit.

La journée de mardi a commencé avec le récit de l'ancienne adjointe exécutive sénatoriale et collaboratrice de longue date de Patrick Brazeau, Lorraine Rochon, qui avait été appelée à la barre par la défense.

Elle a raconté s'être présentée à un domicile de Gatineau en février 2012 après avoir été appelée vers 23h par le sénateur déchu, qui lui aurait demandé de se présenter pour intervenir dans ce qu'elle a décrit comme «une chicane» lors de son témoignage.

À l'issue d'une discussion qui a duré «environ deux heures», la victime présumée «m'a dit qu'elle voulait s'excuser d'avoir frappé Patrick», puis s'est assise sur l'accusé «de façon amoureuse, je dirais, et s'est excusée de l'avoir frappé», a relaté Mme Rochon.

Cette version des faits a été contestée par la victime présumée en contre-interrogatoire: elle a catégoriquement nié avoir violenté physiquement le sénateur suspendu ou avoir tenu les propos relatés par Mme Rochon.

Me Larocque a ensuite déposé en preuve un fichier audio qui aurait été enregistré par M. Brazeau en ce même soir de février 2012.

«J'ai essayé de te parler. T'es fâchée? T'es frustrée? OK. Mais frappe-moi pas», entend-on l'accusé prononcer.

La victime présumée a dit reconnaître la voix de Patrick Brazeau dans le fichier audio, mais pas la sienne. Elle a également dit ne pas avoir pleuré ce soir-là, alors qu'on entend des sanglots dans l'enregistrement.

Après quelques échanges avec l'avocat de la défense, elle a demandé au juge la permission de livrer sa version des faits.

Une fois cette permission obtenue, elle a assuré que la soirée s'était déroulée dans l'harmonie la plus totale et que les policiers avaient été appelés sans aucune raison valable.

Depuis le début du contre-interrogatoire de la victime présumée, l'avocat du sénateur suspendu sous-entend que c'est celle-ci qui a initié l'affrontement physique.

Patrick Brazeau doit éventuellement témoigner pour sa défense, mais cela ne se produira vraisemblablement pas avant plusieurs semaines.

L'ancien leader autochtone est accusé d'agression sexuelle et de voies de fait relativement à des événements qui seraient survenus à Gatineau en février 2013.

À l'issue de ce procès, M. Brazeau n'en aura pas fini avec la justice: un autre procès doit s'amorcer le 29 mars 2016 pour des accusations de fraude et d'abus de confiance, relativement à ses dépenses à la Chambre haute. Il a déjà plaidé non coupable à ces accusations.

Dans une autre affaire remontant à avril 2014, il est accusé de voies de fait sur une femme et un homme, de possession de stupéfiants, de menaces de mort et de bris de conditions de probation. Il a aussi plaidé non coupable à l'ensemble de ces accusations.

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