Meurtres à Routhierville: l'accusé traîne un lourd passé de violence

La voiture où se trouvaient les deux corps... (Photo Johanne Fournier, collaboration spéciale Le Soleil)

Agrandir

La voiture où se trouvaient les deux corps d'une femme et d'un enfant assassinés avait été abandonnée en bordure de la route 132 à Routhierville, dans la Matapédia.

Photo Johanne Fournier, collaboration spéciale Le Soleil

Christian Chabot, l'homme de 36 ans accusé d'avoir assassiné cette semaine son ex-conjointe, Michelle Clusiau, et son fils de 5 ans, Mathieu, traîne un lourd passé de violence envers les femmes. À un point tel qu'en raison de sa dangerosité, un juge lui avait imposé une condition spéciale en 2009 : avant de cohabiter avec une femme, il devait l'informer de ses antécédents judiciaires.

Michelle Clusiau et son fils Mathieu.... (Photo fournie par la famille) - image 1.0

Agrandir

Michelle Clusiau et son fils Mathieu.

Photo fournie par la famille

Le juge Valmont Beaulieu, qui avait imposé cette condition peu usuelle à M. Chabot, avait aussi « imploré » ce dernier d'accepter l'aide de l'agent de probation, qui était là pour « l'aider et l'orienter vers des ressources ». Parce que si M. Chabot n'acceptait pas sa « problématique sérieuse de violence envers les femmes », le juge prédisait qu'il allait récidiver. 

M. Chabot, qui a brièvement comparu hier midi à Rimouski et qui fait face à deux chefs d'accusation de meurtre au premier degré, était décrit comme un homme très possessif, jaloux et contrôlant. Ce n'était pas la première fois qu'il faisait face à la justice pour de la violence envers une conjointe. C'était arrivé en 1999, avec une conjointe avec qui il a eu une relation pendant cinq ans.

Cette fois, en 2009, M. Chabot était devant le juge Beaulieu pour des menaces de mort, des voies de fait armées et avec lésions envers une autre ex-conjointe, identifiée par les initiales A.C. Il a plaidé coupable à ces accusations. La femme avait vécu un véritable « calvaire », avait noté le juge. Elle avait eu un couteau sur la gorge et avait même eu le nez fracturé, car M. Chabot utilisait parfois un manche à balai pour la frapper, « comme si Madame avait été une poussière à l'intérieur de la maison ». La femme avait enduré de la violence physique et psychologique. Elle cachait ses blessures à son entourage, avec ses cheveux et ses vêtements.

Christian Chabot avait écopé une peine de deux ans moins un jour. En sortant de la salle d'audience, il avait esquissé un sourire et avait dit : « Ah, on verra en 2011. » Le juge avait tenu à ce que ce soit indiqué au procès-verbal.

Voies de fait sur le petit Mathieu

Depuis, les choses ne s'étaient pas améliorées pour M. Chabot. En raison d'un ordre de la Cour, il n'avait pas le droit de s'approcher du petit Mathieu Clusiau, parce qu'il s'était déjà livré à des voies de fait à son endroit, en février 2013. Au départ, ce sont deux accusations d'agression sexuelle qui avaient été portées contre M. Chabot, mais elles ont été changées pour voies de fait simples. M. Chabot a plaidé coupable, en septembre dernier, à ces accusations. Il a écopé d'une journée de prison, qui s'ajoutait à ses six mois de détention préventive. 

Il a été arrêté de nouveau depuis, notamment pour des manquements aux conditions de la probation. Il est aussi accusé de menaces envers un ou des membres de sa famille. Il est l'aîné d'une famille de cinq enfants. Alors qu'il avait 3 ans, sa mère a eu des quadruplés.

M. Chabot a retrouvé la liberté le 3 juin dernier, après une audience à la Cour.

«Ma fille voulait le ramener dans le droit chemin»

En dépit de son lourd passé judiciaire, Christian Chabot demeurait bien présent dans l'entourage des victimes. Une voisine rencontrée hier racontait d'ailleurs qu'elle voyait souvent M. Chabot visiter Michelle Clusiau, tard le soir, « une fois que le petit était couché ».

Louise Clusiau, la mère de Michelle Clusiau, estimait que cette relation était malsaine.

« Il était manipulateur, jaloux. Il la surveillait partout, partout. Quand elle a déménagé, il la suivait partout. J'espère qu'il va rester à l'écart longtemps. »

« À la fin, ils se voyaient juste pour jaser, comme amis. Ma fille voulait le ramener dans le droit chemin, le guérir, le soulager. Mais il était du style à ne pas vouloir se faire soigner. On lui a dit d'arrêter de le voir », a-t-elle raconté à La Presse.

Ce côté altruiste de Michelle Clusiau ressort d'ailleurs souvent quand on parle à ses proches.

« Il lui serait resté une tranche de pain, elle la lui aurait donnée, affirme Louise Clusiau. Elle n'avait rien à elle. Je devais parfois l'arrêter. »

« C'était ce genre de femme, ajoute David Harvey, un proche de la famille. Elle voyait le bien chez des gens en qui personne ne voyait de bien. Mais à mon avis, à la fin, elle s'est fait manipuler à quelques occasions. »

Par ailleurs, les proches ont confirmé que le père biologique de Mathieu n'était plus dans l'entourage familial. Pratiquement depuis la naissance du petit, soutient Louise Clusiau.

Michelle Clusiau était également la mère d'une adolescente de 15 ans, mais celle-ci demeurait chez son père.

- Avec la collaboration de Catherine Handfield




À découvrir sur LaPresse.ca

la boite:1600127:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer