Battu presque à mort par un itinérant

Sean Larose... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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Sean Larose

Photo Martin Chamberland, La Presse

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Sean Larose n'est pas mort parce qu'il a dit « Joyeuse Halloween » à un sans-abri enveloppé dans un sac de couchage l'après-midi du 31 octobre 2010.

Mais presque.

Allez savoir pourquoi, le sans-abri en question, Kevin Balenga, a réagi en attaquant sauvagement le jeune homme de 22 ans en pleine rue Sainte-Catherine. Il l'a roué de coups de poing, de coups de pied et lui a sauté sur la tête à pieds joints avant que des passants médusés aient le temps de réagir.

Le jeune Larose était dans un état critique quand il a été conduit à l'hôpital cet après-midi-là. Les médecins ont fini par le sauver, mais la vie du jeune homme a changé dramatiquement en raison des séquelles neurologiques irréversibles qui l'affligent.

Balenga a été arrêté dès après l'agression et accusé.

Un an et demi plus tard, le 12 mai 2012, Ludovic Patrice Deberge n'est pas mort parce qu'il avait partagé la cellule de Kevin Balenga, au centre de détention de Rivière-des-Prairies.

Mais presque.

Alors qu'ils étaient enfermés à double tour dans la cellule, Kevin Balenga a roué Deberge de coups de poing et de coups de pieds à la tête. Deberge était en sang et inconscient par terre quand les agents des services correctionnels l'ont trouvé. Il était dans un état critique quand il a été amené à l'hôpital.

Les médecins ont fini par le sauver, lui aussi, mais une fracture du crâne aussi grave laisse des traces. Une fois sorti de l'hôpital, après un mois au moins, M. Deberge a dû aller en réadaptation.

Délinquant dangereux

Balenga a subi deux procès séparés pour ces agressions et a été déclaré coupable de voie de fait grave dans les deux cas. Hier, l'homme de 31 ans était de retour en Cour du Québec pour les représentations sur la peine dans sa cause avec le jeune Larose.

La procureure de la Couronne Rachelle Pitre a demandé que Balenga soit déclaré délinquant dangereux pour une période indéterminée. C'est un homme imprévisible et un danger public, même en prison. Des consignes particulières ont d'ailleurs été émises à son endroit. Il est gardé dans une cellule solitaire à l'infirmerie, il doit toujours être menotté et escorté quand il se déplace et il ne peut se mêler aux autres détenus, a-t-elle fait valoir.

« Aucune mesure ne peut protéger le public aujourd'hui. Les risques de récidive sont trop élevés. Il n'a pas de remords, ne s'est jamais excusé, ne reconnaît pas ses torts », a plaidé Me Pitre, qui s'appuie sur un rapport du psychiatre Pierre Rochette de l'Institut Philippe-Pinel. L'expert estime que M. Balenga répond aux critères pour être déclaré délinquant dangereux. Il présente des traits de personnalité antisociale. Il a sans doute d'autres problèmes mentaux, mais c'est difficile de les établir, car M. Balenga ne collabore pas. Une « schizophrénie résiduelle » a été envisagée. Le psychiatre considère toutefois que M. Balenga était conscient de ses gestes au moment où il les a posés. Il pense qu'il est peut-être « plus malade maintenant » qu'au moment de l'évaluation.

L'avocat de la défense, Yann Trignac, reconnaît qu'il s'agit d'un crime gratuit et extrêmement grave, mais il estime qu'une étiquette de délinquant dangereux avec période de détention déterminée serait plus indiquée. La clé serait de toute façon très loin, a-t-il fait valoir. Il a signalé qu'on savait peu de choses de son client. « La psychiatrie n'est pas une science exacte », a-t-il dit.

La juge Geneviève Gratton a mis l'affaire en délibéré et rendra sa décision dans les prochains mois.

Plus de souvenir

Sean Larose, un anglophone d'Ottawa, était en visite à Montréal avec sa copine lorsqu'il a été agressé par Balenga, en 2010. Il adorait Montréal et avait même appris le français, dit-il. Mais maintenant, il ne sait plus. Celui qui était autrefois un jeune homme travailleur et plein d'entrain avec une vie sociale active est maintenant aux prises avec de gros troubles de mémoire ainsi qu'une difficulté à parler et à organiser ses pensées. Il n'est pas en état de travailler ni d'étudier. Hier, il était de retour à la cour pour voir ce qui arrivera à son agresseur.

« Je veux que les gens sachent qu'il est dangereux », a-t-il dit.

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Les circonstances

Sean Larose, 22 ans, a été agressé rue Sainte-Catherine, à l'angle de la rue Saint-Urbain, à 14 h 20 le 31 octobre 2010. Il avait souhaité « Joyeuse Halloween » à M. Balenga, qui avait un sac de couchage sur la tête.

Le passé 

Originaire du Zaïre, M. Balenga est arrivé au Canada en 1989, avec sa mère. Il a obtenu sa citoyenneté en 1994. Il n'a pas connu son père. À la mort de sa mère, il est allé demeurer aux États-Unis chez un parent. Au moment des faits, M. Balenga vivait à Montréal et n'avait pas de domicile fixe. Il allait dans les ressources comme la Mission Old Brewery. Il n'aurait pas de souvenir de l'agression.




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