Une femme exhibe ses seins lors d'un point de presse d'Hélène David

La ministre de la Culture, Hélène David, s'apprêtait... (PHOTO TIRÉE DE TWITTER)

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La ministre de la Culture, Hélène David, s'apprêtait à amorcer une conférence de presse dans une petite salle conçue à cette fin pour les médias quand la jeune femme a surgi de nulle part.

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(Québec) L'Assemblée nationale a annoncé hier une révision du mécanisme d'accréditation des médias après qu'une militante Femen eut perturbé un point de presse de la ministre de la Culture Hélène David en se faisant passer pour une journaliste.

Nada Topaloski n'en était pas à son premier coup d'éclat. Le mois dernier, elle a perturbé un débat à la Chambre des communes, à Ottawa en exhibant ses seins dans la galerie du parlement fédéral. L'an dernier, elle s'est dénudée devant le parlement fédéral lors d'une marche contre l'avortement.

Malgré ce parcours bien documenté par les médias, la militante a pu obtenir un laissez-passer de presse temporaire pour pénétrer dans l'enceinte parlementaire à Québec.

Elle a fait irruption dans une pièce communément appelée le «hot room», une salle exiguë dans laquelle les élus donnent des points de presse. Elle s'est placée entre les caméras et la ministre David, a enlevé son chandail, et a scandé des slogans pour contester le projet de loi 20. Certains craignent que cette initiative ne mène à une restriction de l'accès à l'avortement, bien que le gouvernement Couillard ait répété que ce n'est pas son intention.

En fin de journée, l'administration de l'Assemblée nationale a annoncé qu'elle révisera le mécanisme d'accréditation des journalistes. À ses yeux, cet incident «malheureux et inacceptable» a mis en relief des lacunes dans le dispositif de sécurité.

«L'Assemblée regrette profondément les événements d'aujourd'hui et tient à s'excuser auprès de ses membres, particulièrement auprès de la ministre de la Culture et des Communications, Madame Hélène David», peut-on lire dans le communiqué.

Mécanismes à revoir

Depuis de nombreuses années, les journalistes qui souhaitent couvrir les débats de l'Assemblée nationale peuvent obtenir un laissez-passer auprès de la Tribune de la presse. Cette accréditation leur permet de ne pas se soumettre à une habilitation sécuritaire auprès des autorités de l'Assemblée.

«Une fois accrédités par la Tribune, les membres des médias avaient accès aux salles de délibération parlementaire et aux salles de presse, a indiqué l'Assemblée nationale. L'événement de cet avant-midi [hier] amènera l'Assemblée nationale à revoir cette façon de faire.»

L'Assemblée nationale avait déjà donné un tour de vis à son dispositif de sécurité, en octobre, dans la foulée de l'attentat de Michael Zehaf Bibeau au parlement fédéral.

Le président de la Tribune de la presse, Alexandre Robillard, a qualifié de «décevant» l'incident d'hier. À ses yeux, rien ne permettait de croire que Neda Topaloski était un imposteur lorsqu'elle a pris contact avec son organisation.

M. Robillard dit craindre que les médias subissent les contrecoups de l'incident d'hier, bien qu'il reconnaisse qu'il y a «matière à réflexion».

«C'est prématuré d'affirmer que cet événement nécessite obligatoirement un resserrement, et peut avoir un impact direct sur l'accès dont on dispose, a-t-il dit. Est-ce qu'il y a matière à réfléchir à ce qui peut être amélioré, de part et d'autre? On est obligés de dire que oui.»

Le gouvernement Couillard a indiqué qu'il s'attend à ce que le dispositif de sécurité soit resserré.

«Cet événement n'aurait pas dû arriver et ne devrait plus jamais arriver», a indiqué le directeur des relations avec les médias au cabinet du premier ministre, Charles Robert, qui a été témoin de la manifestation.

La Coalition avenir Québec a abondé dans le même sens.

«On peut rire de cela, a dit le député caquiste Donald Martel. Mais moi, je fais partie du bureau de l'Assemblée nationale et, quand on voit des incidents comme ça, je me dis qu'il y a des failles dans notre système.»

Militante arrêtée

La Sûreté du Québec a arrêté la militante pour action indécente et l'a relâchée peu après. Un procureur de la Couronne décidera s'il y a lieu de porter des accusations criminelles, a indiqué la porte-parole de la force policière, Ann Mathieu.

Une équipe de trois journalistes du magazine alternatif Vice avait également obtenu une accréditation temporaire pour filmer à l'Assemblée nationale, hier. La caméra de l'équipe se trouvait tout près de la salle au moment de la manifestation et a pu capter l'arrestation de la militante.

L'équipe de tournage a été aperçue quelques heures plus tard en train de l'interviewer dans un parc situé près de l'Assemblée nationale. Vice avait déjà consacré un reportage à Neda Topaloski en mai dernier.

Les journalistes de Vice ont assuré au président de la Tribune de la presse ne pas avoir été mis au courant de l'action de Mme Topaloski avant son coup d'éclat. La direction de Vice n'a pas rappelé La Presse hier.

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