Pas d'indemnisation pour l'un des fils de Moïse Thériault

Roch-Sylvain Thériault, un fils du gourou Moïse Thériault... (Photo archives La Presse)

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Roch-Sylvain Thériault, un fils du gourou Moïse Thériault (photo), vient de se voir refuser une indemnisation gouvernementale pour les sévices subis lorsqu'il était enfant.

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Nez fracturé, témoin de scènes d'orgie et victime de violence psychologique : un fils du gourou sanguinaire Moïse Thériault vient de se voir refuser une indemnisation gouvernementale pour les sévices subis lorsqu'il était enfant.

Roch-Sylvain Thériault s'y est pris trop tard pour déposer sa demande, a décidé le Tribunal administratif du Québec (TAQ), tout en reconnaissant toutefois la gravité du traumatisme.

L'homme a affirmé avoir vécu environ trois ans et demi au sein de la secte de son père. Ce dernier a ensuite été jugé coupable d'avoir tué une fidèle et d'en avoir amputé une autre de son bras, à froid.

Au sein de la secte, « les enfants étaient souvent victimes d'abus sexuels de la part des adultes », a relaté Roch-Sylvain Thériault dans sa demande d'indemnisation, selon le TAQ. « Il a été témoin de violence à toutes les semaines. Selon lui, il y avait beaucoup d'alcool qui était consommé. » Il aurait lui-même eu le nez fracturé à « au moins » deux reprises, en plus d'avoir reçu des « coups de planche » et de ceinture.

En 1987, il sort de la secte « écorché à tous les niveaux et "fort traumatisé" », écrivent les juges administratifs dans leur décision datant de la fin du mois de mai. À partir de ce moment-là, il vivra plusieurs années de profondes difficultés, notamment sur le plan de la santé mentale.

PROGRAMME DE L'IVAC

En 2009, son frère et lui font paraître un livre sur leur vécu. Pendant la rédaction de l'ouvrage, Roch-Sylvain Thériault lit le témoignage de Patrick Gosselin, le fils du Bourreau de Beaumont. « À la lecture de cette oeuvre, le requérant apprend qu'il pourrait faire une demande d'indemnisation auprès de l'IVAC [Indemnisation des victimes d'actes criminels] », écrit le TAQ. « Il est clair, selon son témoignage, qu'il ne connaissait pas auparavant l'existence de l'IVAC. »

Il envoie en 2009 sa demande au programme de l'IVAC, plus de 20 ans après les faits.

Or, une victime d'acte criminel doit déposer une demande d'indemnisation au gouvernement « dans l'année » qui suit les faits ou la prise de conscience du préjudice subi et de sa cause probable. Les fonctionnaires refusent donc sa demande. Refus qu'il conteste devant le TAQ.

M. Thériault a fait comparaître un psychiatre qui assurait qu'il « n'avait pas la capacité de dire son histoire, donc de déposer sa demande de prestations avant 2008-2009 sans souffrir d'une décompensation psychologique ». Au contraire, l'administration de l'IVAC a retenu l'expertise d'un autre médecin qui jugeait que ses problèmes ne l'ont pas « empêché de déposer une demande d'indemnisation dès 1990 ».

C'est cette dernière opinion qui a été retenue par le TAQ, « bien que conscient des difficultés et préjudices réels subis par le requérant ».

« Entre les périodes psychotiques et de consommation, le requérant était en mesure d'écrire un livre et aurait été tout à fait en mesure de se renseigner sur les possibilités de recevoir une indemnité », ont écrit les juges administratifs Michel Rivard et Solange Tardy.

Joint au téléphone, M. Thériault n'a pas voulu accorder d'entrevue à La Presse, se contentant d'affirmer qu'il n'était pas attristé par ce revers. Son avocat n'a pas rappelé La Presse.

Moïse Thériault est mort en prison en 2011, assassiné par un codétenu.

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