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Un militaire associé à des propos racistes

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Un militaire lié à la communauté d'extrême droite Table rase avait été épinglé par l'armée en 2009 pour des propos racistes et sa croyance en la suprématie de la race blanche, a appris La Presse.

Alexandre Normand, qui donne des cours d'« art martial traditionnel » des peuples occidentaux en association avec Table rase, a été promu entre l'incident et la publication du rapport d'enquête.

L'ex-membre des Voltigeurs de Québec, qui travaille toujours dans les Forces armées, « a émis des commentaires de nature raciste », conclut un rapport d'enquête en lien avec des allégations de harcèlement sur un militaire dont le nom laisse croire qu'il est issu d'une minorité ethnique.

« La preuve démontre que le caporal Normand prend régulièrement position relativement à la cohabitation des différentes ethnies et qu'il est d'opinion que la race blanche est supérieure », ajoute le rapport d'enquête du Bureau des enquêtes de harcèlement (BEH) des Forces armées canadiennes.

Les faits remontent à 2007. D'autres militaires étaient aussi visés par l'enquête pour d'autres insultes racistes.

« UN GROS MALENTENDU »

Joint par La Presse, Alexandre Normand a plaidé que cette histoire n'est qu'un malentendu. « La situation est réglée. Et par rapport à ces commentaires-là, ce n'est pas quelque chose qui me branche beaucoup aujourd'hui. Ça ne me représente pas du tout, et ça ne représente pas qui j'étais à cette époque-là non plus », a-t-il dit pour sa défense, en insistant sur le fait qu'il s'exprimait à titre personnel.

Malgré ses conclusions sur les propos racistes qu'avait tenus Alexandre Normand, le rapport ne conclut pas à sa responsabilité en lien avec les allégations de harcèlement. « Il est incertain » que ses propos racistes aient été « dirigé[s] envers » la victime alléguée et qu'ils « aient porté préjudice à ce dernier », concluent les enquêteurs.

Ils notent toutefois que M. Normand « était caporal lors des événements et il a été promu au grade de caporal-chef ». « Ç'a été vraiment un gros malentendu, a répété le principal intéressé, hier.  De toute façon, les Forces armées n'auraient jamais promu une personne à propos de laquelle ils avaient des suspicions. » À l'époque, le jeune militaire s'intéressait beaucoup à la Deuxième Guerre mondiale. « J'ai une grande passion pour l'histoire et on dirait que c'est mal vu », a-t-il déploré.

UN GROUPE AUX THÈSES NAZIES

La Presse a révélé il y a 10 jours que des militaires et des ex-militaires québécois étaient au centre de Table rase, une communauté d'extrême droite qui diffusait des thèses nazies et antisémites. Sa page Facebook diffusait par exemple des citations du fasciste Adrien Arcand, qui se désolait de la défaite nazie de 1945.

Table rase se dit « associé » aux cours d'« Emploi du tomahawk au combat » donnés jusqu'à maintenant par Alexandre Normand dans un gymnase de la base militaire de Valcartier. Pendant ses ateliers, une affiche de Table rase était bien en vue.

Jointes hier, les Forces armées canadiennes ont indiqué qu'elles n'étaient pas disponibles pour commenter le dossier.

Il n'a pas été possible d'obtenir de commentaires de la part de la victime de harcèlement.

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