Un mafieux se dissocie du crime organisé 

En mai 2011, Di Marco a été condamné... (PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE)

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En mai 2011, Di Marco a été condamné à quatre ans de prison pour possession d'un 9 mm et pour avoir tenu une maison de jeu contrôlée par la mafia. Il a été libéré aux deux tiers de sa peine en janvier dernier, mais a été arrêté de nouveau au début de l'été, lors de la vaste rafle antimafia Clemenza menée par la GRC.

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Daniel Renaud
La Presse

Déjà qualifié par un procureur «d'intermédiaire de la mafia de haut niveau», Nicola Di Marco dit avoir complètement coupé ses liens avec le crime organisé italien.

L'homme de 45 ans a fait cette déclaration au commissaire aux libérations conditionnelles Jacques Bouchard devant lequel il a comparu hier, en raison de la suspension de sa libération d'office survenue en juin dernier.

En mai 2011, Di Marco a été condamné à quatre ans de prison pour possession d'un 9 mm et pour avoir tenu une maison de jeu contrôlée par la mafia. Il a été libéré aux deux tiers de sa peine en janvier dernier, mais a été arrêté de nouveau au début de l'été, lors de la vaste rafle anti-mafia Clemenza, menée par la GRC.

À la demande de son ancien patron, Giuseppe De Vito assassiné au cyanure au pénitencier de Donnacona à l'été 2013, Di Marco avait tenté d'introduire de la drogue en prison le jour de sa condamnation. Mais les enquêteurs fédéraux, qui interceptaient les messages NIP à NIP, avaient éventé le complot et avisé les agents en services correctionnels. Di Marco a écopé de 12 mois supplémentaires pour cette offense, ce qui a provoqué son renvoi automatique au pénitencier et un report de sa date de libération d'office maintenant fixée à février 2015.

Libre dans quatre mois

Le commissaire Bouchard accepte déjà de libérer Di Marco en février prochain, mais lui impose des conditions spéciales, notamment de ne pas fréquenter des individus liés à la mafia et les cafés européens, et de dévoiler ses états financiers.

Le commissaire a tenu compte des progrès réalisés par Di Marco et le fait que pour la première fois, il admet avoir joué un rôle important au sein de la mafia.

«Je sais que j'avais un rôle, je ne dis pas non. Peut-être que j'étais une personne importante, mais mes trois années de prison m'ont réveillé. J'ai appris qu'il y a de bonnes choses dans la vie, j'ai côtoyé des gens qui purgent 25 ans et je ne veux pas passer ma vie en prison», a dit Di Marco, qui a travaillé dans un restaurant et s'est inscrit aux études pour terminer son DEC durant sa courte liberté.

À sa libération, il veut devenir courtier immobilier et démarrer une petite entreprise de construction.

Di Marco faisait autrefois partie du clan de Giuseppe De Vito dont plusieurs membres ont été tués après le retour du parrain aujourd'hui décédé Vito Rizzuto, mais il dit ne pas craindre pour sa vie. Lors de sa condamnation pour avoir tenu une maison de jeu, il a reçu une amende de 57 000$ qu'il rembourse à raison de...100$ par mois. «À ce train-là, vous en avez pour 50 ans ! Vous devrez rembourser rapidement cette dette sans quoi vous serez à risque», a souligné le commissaire Bouchard.

Di Marco a notamment été l'intermédiaire entre Giuseppe De Vito et le traducteur Angelo Cecere, connu comme «la taupe de la GRC».

Lors de son procès pour avoir tenu une maison de jeu, il avait témoigné avoir assisté à une réunion à laquelle participaient des lieutenants importants de la mafia, dont Nick Rizzuto Jr, ce qui avait incité le procureur de la Couronne à le qualifier d'intermédiaire de haut niveau au sein de la mafia.

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