Le «Musée du premier ministre Jean Chrétien» ouvre ses portes

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Le musée porte sur la politique extérieure des «années Chrétien», soit la période de 1993 à 2003.

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Daniel Lemay
La Presse

(Shawinigan) Le dernier-né des musées canadiens s'est ouvert hier à Shawinigan et il porte le nom du plus illustre fils de la ville de l'électricité. Le «Musée du premier ministre Jean Chrétien - Le Canada dans le monde» ne porte toutefois pas sur la vie ou la carrière politique du «p'tit gars de Shawinigan», mais sur la politique extérieure des «années Chrétien», soit la période de 1993 à 2003.

L'originalité du lieu tient au fait que, parallèlement au rappel de l'histoire des relations extérieures canadiennes sous Jean Chrétien - l'ALENA en 1988, le «non» historique à la guerre en Irak en 2003, etc. -, les 800 objets exposés sont les cadeaux protocolaires qu'a reçus M. Chrétien durant ces années où il a été premier ministre du Canada.

«D'habitude, quand on donne son nom à un musée, c'est parce qu'on est mort. Ça me fait un peu drôle», a lancé un Jean Chrétien en belle forme aux quelque 300 invités - dont les anciens ministres Denis Coderre, Martin Cauchon et Allan Rock - réunis à l'Espace Shawinigan, une ancienne aluminerie reconvertie en espace public sous les bons soins de la Cité de l'Énergie, principale attraction touristique de la ville.

»Ces murs nous parlent»

Robert Trudel, directeur général de la Cité de l'Énergie et initiateur de ce projet livré «dans les délais et les budgets» (3 millions), a rappelé que le père d'Aline Chrétien, la conjointe de l'ancien chef du Parti libéral du Canada, avait travaillé aux chaudrons dans cette aluminerie, la première du Canada. «Ces murs nous parlent», avait dit Mme Chrétien lors de l'annonce de l'ouverture du musée, il y a quelques semaines.

Femme d'ordre, Mme Chrétien racontait hier qu'au retour des voyages, elle avait pris l'habitude de marquer chacun des cadeaux, information qui s'est avérée fort utile aux muséologues, politologues et scientifiques de l'UQAM, de l'Université de Sherbrooke et de McGill dans leur exercice de contextualisation et de construction de la trame historique. Ici, de somptueux vêtements en soie rapportés de la Corée du Sud; là, un attelage de chevaux miniatures chinois et un aigle en argent massif offert par le Nigeria.

«M. Chrétien suscite, encore et toujours, un immense intérêt partout au Canada», a déclaré pour sa part le maire de Shawinigan, Michel Anger, ajoutant que son célèbre concitoyen avait aussi «un sens profond du marketing».

Jean Chrétien a suivi de près tout le processus et il est aussi à même de comparer: «J'ai visité le musée de l'ancien président (Vicente) Fox à Mexico et celui de Bill Clinton à Little Rock, des projets menés avec des moyens immenses, mais la présentation des cadeaux n'est pas meilleure qu'ici.»

Par ailleurs, interrogé en point de presse sur le sprint du projet de loi C-38 qui s'est terminé hier matin à la Chambre des Communes, M. Chrétien a dit que c'était «au peuple de juger» de la manière... Même chose pour la contestation étudiante: «Je ne veux pas jouer à la belle-mère et dire aux gens quoi faire.»

Mais encore, des batailles comme celles du projet de loi C-38 ne lui donnent-elles pas le goût de se relancer dans la mêlée? «On me pose la question, a répondu Jean Chrétien, l'oeil narquois comme à ses belles années. Gladstone (ex-premier ministre britannique) est revenu à 84 ans. Ça me laisse encore du temps...»

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