Sentence suspendue pour un policier qui a fait disparaître la contravention d'un mafieux

 

Christiane Desjardins
La Presse

Pour avoir fait disparaître, il y a neuf ans, la contravention d'une tête d'affiche de la mafia montréalaise, Serge Parent, policier de la Sûreté du Québec (SQ), a écopé d'un sursis de peine de 18 mois, hier à Montréal. L'homme de 45 ans, qui a plaidé coupable à des accusations de vol de contravention et de complot, devra aussi accomplir 150 heures de travaux communautaires, a ordonné le juge Robert Marchi.

 

 

 

 

Les faits se sont produits le 17 juillet 2003. Ce jour-là, Francisco Arcadi et Lorenzo Giordano, deux membres importants du crime organisé, revenaient d'une partie de golf dans la voiture d'Arcadi. Ce dernier a été intercepté sur l'autoroute par un agent de la SQ qui lui a donné une contravention pour vitesse excessive. Le même jour, M. Arcadi a téléphoné à un employé du Café Cosenza, Giuseppe Lazarra, pour lui demander s'il pouvait faire quelque chose pour la contravention. M. Lazarra est l'oncle du policier Serge Parent. M. Lazarra a communiqué avec son neveu, et ce dernier a fait en sorte que la contravention disparaisse, avec l'aide d'un autre policier qui se serait éteint depuis.

Le lendemain, M. Lazzara a appelé M. Arcadi et lui a dit «c'est fini», il pouvait «jeter la contravention». M. Arcadi a demandé à M. Lazzara de «le remercier» pour le service rendu, en faisant référence au policier.

Ce que tous ces gens ignoraient à ce moment-là, c'est que le Café Cosenza, qui servait de quartier général à la mafia italienne, était sous écoute électronique dans le cadre de l'opération Colisée. La grande frappe de l'opération Colisée, qui a décapité le clan Rizzuto, s'est produite trois ans plus tard, en 2006. Dans la foulée, le policier Parent a été accusé, en 2007, pour cette histoire de contravention.

Depuis sa mise en accusation, il y a cinq ans, M. Parent est suspendu avec la moitié de son salaire. Celui qui est à la SQ depuis 1990 et qui présentait autrement un dossier sans tache risque maintenant de perdre son emploi. Son avocat, Me Alain Dubois, a tenté d'obtenir une absolution inconditionnelle, ce qui lui aurait donné plus de chances de conserver son emploi, mais le juge Marchi a estimé que ce n'était pas approprié. «Les infractions commises par l'accusé l'ont été au coeur de ses fonctions d'agent de la paix, et vont directement à l'encontre des obligations d'honnêteté et d'intégrité dont doit faire preuve l'agent de la paix dans le mandat que lui confie la société», a-t-il noté.

Le procureur de la Couronne, Jean-Claude Boyer, qui avait demandé la peine qui a été prononcée, est satisfait. «On ne peut pas agir dans le cadre de son emploi pour contrevenir à la loi», a-t-il dit.

M. Parent, qui a soutenu ne pas savoir que la contravention avait été donnée à un membre de la mafia, devra maintenant affronter le processus disciplinaire de la police.

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