Âpre lutte pour le placement syndical

Le directeur général du Conseil provincial, Paul Faulkner... (Image vidéo)

Agrandir

Le directeur général du Conseil provincial, Paul Faulkner

Image vidéo

Une série d'écoutes électroniques diffusées aujourd'hui à la commission Charbonneau a levé le voile sur les coulisses du fameux phénomène du placement syndical, en illustrant comment certains entrepreneurs étaient sous le joug syndical dans l'embauche de leurs travailleurs.

Intimidation et extorsion sur les chantiers

Une série d'écoutes électroniques diffusées aujourd'hui à la commission Charbonneau a levé le voile sur les coulisses du fameux phénomène du placement syndical, en illustrant comment certains entrepreneurs étaient sous le joug syndical dans l'embauche de leurs travailleurs.

La dizaine de conversations déposées en preuve a montré que des entrepreneurs avaient des « ententes » pour faire affaire avec le syndicat Millwright local 2182 (affilié au Conseil Provincial international), au détriment des travailleurs de la section locale 1981 des mécaniciens industriels, affiliés à la FTQ-Construction.

Les conversations ont été enregistrées à l'initiative du dirigeant syndical Ken Pereira, qui était à la tête de la section locale 1981. Ce dernier demandait à des membres de son local syndical de téléphoner à des donneurs d'ouvrage pour leur demander du travail. Dans tous les cas, ils essuyaient un revers en raison de leur affiliation syndicale.

Dans l'un des appels survenus le 6 février 2007, un mécanicien industriel de la section locale 1981 prénommé Gilbert, téléphone à Marc, un responsable d'un chantier.

« On fait affaire avec le local de 2182, on ne peut pas se permettre ben, ben de passer à côté de ça », répond Marc au travailleur qui se cherche du boulot. « On ne peut pas se permettre nous autres de caller directement chez eux parce qu'on se ferait battre en christi... On a nos réguliers, entre six et huit, mais quand on dépasse ça, on n'a pas le choix d'appeler au local. Sinon on aurait de la difficulté mettons, quand on a besoin de main-d'oeuvre additionnelle-là, il nous rejoindrait dans, la curve », ajoute-t-il un peu plus tard dans la conversation.

Dans une autre conversation, un travailleur du local 1981 prénommé Marc, téléphone à un contremaître de l'entreprise Gastier prénommé Dominic, car il aimerait travailler sur les chantiers de construction d'un Canadian Tire.

« Si tu as une job, ça te dérangerais-tu de m'appeler? », lui demande le travailleur.

« Euh moi j'appelle pas aucun gars comme c'était dans le passé. Je vais appeler les locaux de l'union, pis c'est toute. »

Le travailleur se plaint ensuite qu'il ne reçoit pas beaucoup d'appels pour travailler.

« C'est pas moi qui va faire les calls... Si jamais j'ai à t'appeler, c'est pas toué que je vais appeler, ça va être Ken », lui répond Dominic « Est-ce que c'est déjà arrivé que les compagnies appellent chez vous, toi? » poursuit-il.

« Oui », lui répond Marc

« Ah ben, pas moué », rétorque le contremaître.

Nouveau témoin

L'enquêteur de la commission Charbonneau Michel Comeau, qui est à la barre depuis lundi, a terminé son témoignage cet après-midi. Ce dernier était venu livrer les résultats de son enquête auprès de 70 témoins portant sur l'intimidation, l'extorsion et le placement syndical sur les chantiers de construction du Québec.

En fin de journée, un nouveau témoin a débuté son témoignage : le directeur général du Conseil provincial, Paul Faulkner. Le témoin n'a pas encore été interrogé sur la nature des « ententes » mentionnées dans les écoutes électroniques. La procureure Sonia Lebel l'a surtout questionné sur le fonctionnement de son syndicat.

Il poursuivra son témoignage demain.




Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

Autres contenus populaires

la boite:219:box
image title
Fermer