Est-il suffisant de mieux manger pour traiter l’obésité ? Ou alors, faut-il simplement bouger davantage ? Pendant longtemps, les mécanismes complexes de l’obésité sont restés un mystère. Le DYves Robitaille accompagne des patients qui vivent avec l’obésité et ses pathologies associées. Il nous éclaire sur le fonctionnement de cette maladie, démystifiant les multiples facteurs qui entrent en jeu.

Publié le

Qu’est-ce qu’un XTRA?

XTRA est une section qui regroupe des contenus promotionnels produits par ou pour des annonceurs. Les journalistes et photographes de La Presse n’ont pas collaboré à ce contenu promotionnel.


Une condition infiniment complexe

Lorsque le DYves Robitaille a commencé à pratiquer la médecine, il y a 28 ans, l’obésité était très mal connue. « À l’époque, on ne la reconnaissait pas comme une maladie », fait remarquer le spécialiste de la médecine interne et cofondateur du Centre de médecine métabolique de Lanaudière. L’obésité était alors considérée comme le résultat des choix de vie d’une personne, telles une mauvaise nutrition et des habitudes sédentaires.

« C’est sûr que ce sont des éléments qui jouent un rôle dans l’équation, mais la science va beaucoup plus loin maintenant, et on reconnaît aujourd’hui que l’obésité peut être multifactorielle et liée à une composante génétique », affirme le DRobitaille.

Le cerveau, le système endocrinien, la santé des tissus adipeux, le microbiote : tous ces éléments — et bien d’autres — exercent une influence sur la régulation des réserves énergétiques, selon le spécialiste. Les avancées scientifiques ont mis en lumière le fonctionnement de ces mécanismes, mais aussi leurs dysfonctionnements : « Tous ces dysfonctionnements amènent l’organisme à accumuler inutilement des réserves énergétiques dont il n’a pas besoin. »

On a vraiment étendu notre champ de connaissances, ce qui fait qu’on doit arrêter de dire que l’obésité, c’est une question de choix de vie. Malheureusement, au Québec, on refuse encore de la reconnaître comme une maladie chronique, même si de multiples sociétés savantes le font déjà.

DYves Robitaille, M. D., spécialiste de la médecine interne, Centre de médecine métabolique de Lanaudière et CISSS de Lanaudière



Des défis dans la prise en charge des patients

À la biologie et à la génétique s’ajoutent aussi des facteurs socioéconomiques⁠1. « Les choix alimentaires sont dictés par une multitude de facteurs qui ne relèvent pas nécessairement de décisions volontaires. Même le goût ou l’aversion pour l’activité physique découlent de mécanismes qui peuvent être hors de la volonté d’une personne », explique le DRobitaille.

Si la science fait des pas de géant dans la connaissance de l’obésité, sa prise en charge médicale connaît un départ beaucoup plus lent. La condition est associée à plus de 200 complications pour la santé : cancers, diabète de type 2, cholestérol élevé, stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique (ou MASH en anglais, pour metabolic dysfunction-associated steatohepatitis), hypertension, arthrose précoce, fasciite plantaire, etc⁠2. Paradoxalement, le système de santé traite les personnes vivant avec l’obésité pour les complications qu’elles développent, mais pas l’obésité directement.

Ces patients-là consomment éventuellement beaucoup de ressources en santé. Ils développent des complications cardiovasculaires ; font des AVC [accidents vasculaires cérébraux], des infarctus ou des cirrhoses ; ont une apnée du sommeil ; développent un cancer… Il y a une prise en charge de ces pathologies, mais quand les gens veulent faire traiter leur obésité directement, le régime public ne la couvre pas.

DYves Robitaille, M. D., spécialiste de la médecine interne, Centre de médecine métabolique de Lanaudière et CISSS de Lanaudière



Retrouver la santé

Et ce n’est pas que les solutions thérapeutiques n’existent pas. Au Québec, la chirurgie bariatrique est pratiquée depuis le début des années 1980. L’intervention est couverte, mais de longues listes d’attente en limitent l’accès.

Certains patients me disent qu’il leur reste à prendre 50 livres [23 kilogrammes] pour avoir accès à la chirurgie bariatrique.

DYves Robitaille, M. D., spécialiste de la médecine interne, Centre de médecine métabolique de Lanaudière et CISSS de Lanaudière

Santé Canada a également autorisé des traitements pharmacologiques pour la gestion chronique du poids, mais à ce jour, aucun n’est remboursé par les régimes publics⁠3. « Ça vient compléter ce qu’on est capables de faire avec les modifications des habitudes de vie, qui restent la pierre angulaire dans le traitement de la maladie », souligne le professionnel de la santé.

Ces interventions devraient être adaptées selon la situation de chaque patient. Il existe des risques associés à la chirurgie bariatrique et aux médicaments⁠4,5. C’est pourquoi il est important de discuter de ces options avec un professionnel de la santé.


Références

⁠1 Organisation mondiale de la santé, « Obésité et surpoids ». Consulté le 21 novembre 2024. https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/obesity-and-overweight

⁠2 Jastreboff, A. M. et coll., « Obesity as a Disease : The Obesity Society 2018 Position Statement », Obesity, 27 : 7- 9, 2019. https://doi.org/10.1002/oby.22378

⁠3 Régie de l’assurance maladie, Liste des médicaments, 14 août 2024, section 6,3 (Cas d’exclusion), p. 13.

⁠4 My Health Alberta, « About bariatric surgery : Benefits and risks », 2021. https://myhealth.alberta.ca/bariatric-surgery/about-bariatric-surgery/benefits-and-risks

⁠5 My Health Alberta, « Obesity : Should I Take Weight-Loss Medicine ? », 2023. https://myhealth.alberta.ca/Health/pages/conditions.aspx?hwid=aa71898


À lire aussi…