L’été dernier, Félix Auger-Aliassime jouait une première fois sur le court central du Stade IGA dans le cadre de la Coupe Rogers. La victoire du joueur originaire de Québec sur le Canadien Vasek Pospisil au premier tour a été suivie par des milliers de spectateurs. C'était aussi une première pour tout le tennis québécois.

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« Je me souviens que dans les années 1990, on rêvait. On se disait : imagine que ça marche notre tournoi et que ça grimpe, et imagine qu'on ait un Canadien ou un Québécois dans le dernier week-end ? » raconte Eugène Lapierre, directeur de la Coupe Rogers à Montréal.

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La Québécoise Eugenie Bouchard a créé une commotion à la Coupe Rogers de Montréal en 2014. On la voit ci-haut durant son match contre Shelby Rogers au court central du Stade Uniprix, le 5 août 2014.

Le Canadien Milos Raonic a atteint la finale à Montréal en 2013. Un an plus tard, la Québécoise Eugenie Bouchard a créé une commotion après s’être rendue en finale à Wimbledon.

Denis Shapovalov a battu Rafael Nadal au troisième tour à Montréal en 2017. Et avec Félix Auger-Aliassime, classé dans le top-20 mondial à 19 ans, Eugène Lapierre pense qu’ils auront du succès pour encore plusieurs années.

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Le Canadien Denis Shapovalov -comme toute la foule du Parc Jarry- était aux oiseaux après sa victoire sur Rafael Nadal le 10 août 2017.

Avant d’accueillir cet important tournoi de tennis international, Montréal et le Québec étaient déjà une terre fertile pour le tennis. La pratique de ce sport connaissait aussi un certain âge d’or dans les années 70 et 80 avec la création de plusieurs centres intérieurs à travers la province.

« Il y a toujours eu une grande tradition de tennis au Québec. Il y avait des rencontres de Coupe Davis à l’occasion et il y a eu de bons joueurs dès les années 1960 comme Robert Bédard et François Godbout », assure Réjean Genois, président de Tennis Québec depuis 1989 et meilleur joueur canadien à la fin des années 1970. « Ç’a continué ensuite et maintenant, on est rendu avec Félix (Auger-Aliassime). »

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La Coupe Rogers à Montréal a rapidement ramené les meilleures joueuses et les meilleurs joueurs à Montréal, dit Eugène Lapierre, qu’on voit ci-haut accueillant sur le tapis rouge du tournoi la Danoise Caroline Wozniacki et de la Polonaise Agnieszka Radwanska, le 15 août 2010.

Néanmoins, en 1980, le parc Jarry était loin d’être directement associé au tennis comme il l’est aujourd’hui. Le stade était désaffecté après le départ des Expos pour le Stade olympique. C’était assez « visionnaire » d’y revenir pour un tournoi de tennis, rappelle Richard Legendre, directeur de Tennis Canada de 1988 à 2001. Cette idée qui pouvait paraître saugrenue se révélera finalement le point de départ d’une formidable histoire.

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Richard Legendre, le 28 juillet 1999 au stade de tennis du Parc Jarry, maintenant appelé Stade IGA.

« Pendant 15 ans, ç’a été ça. On déménageait dans le stade un mois ou un mois et demi avant pour organiser la place et on repartait le lendemain », se rappelle Eugène Lapierre.

Le Challenge Player’s avait ainsi été un premier pas au parc Jarry. Cette compétition qui rassemblait quelques-unes des meilleures joueuses au monde a été remportée par Martina Navratilova et cela devait être une répétition générale avant la venue du volet masculin des Internationaux de tennis du Canada l’année suivante, en 1981.

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Martina Navratilova, est restée très populaire à Montréal après ses premières présences au tournoi montréalais au début des années 80. C’est dans un chandail du Canadien qu’elle a été présentée au public le 19 août 2006 en tant que membre du Temple de la renommée du tennis du Canada.

Et ce premier rendez-vous en 1980 a été considéré un succès… avec un total de 8000 spectateurs pour l’ensemble des matchs. Le volet féminin de cet important tournoi viendrait finalement à Montréal en 1982. Rapidement, il y avait un bel engouement pour cette compétition orchestrée par John Beddington.

Dès le début, ç’a créé une espèce d’onde de choc. Montréal revenait soudainement sur la scène internationale avec les meilleurs joueurs du monde.

Richard Legendre.

« Quand je suis arrivé en 1988, c’était déjà un grand événement. »

L’influence des cigarettiers

Player’s, du Maurier, Rothmans. Le tournoi connu aujourd’hui sous le nom de la Coupe Rogers a longtemps été associé à des commandites de l’industrie du tabac. Par ailleurs, Montréal a présenté le tournoi lorsqu’Imperial Tobacco a succédé à Rothmans comme commanditaire principal de l’événement.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, 2001-05-09

Eugène Lapierre, le 8 mai 2001, lors des travaux ajoutant 710 sièges au stade, alors appelé Stade DuMaurier. C’était avant que les cigarettiers soient bannis du tennis et du sport en général.

Imperial Tobacco, dont le siège social était à Montréal, et son président Paul Paré, étaient prêts à s’associer à condition que le tournoi soit tenu dans la métropole québécoise. C’est ainsi qu’est venue l’idée de l’alternance des tournois féminin et masculin entre Montréal et Toronto et elle a complètement changé l’image de l’organisation.