(Paris) Plusieurs acteurs ont déposé une plainte mardi contre X pour mise en danger de la vie d’autrui après l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, qui a entraîné un dégagement de plomb nocif, selon un document consulté par l’AFP.

Agence France-Presse

Le 15 avril 2019, un incendie ravageait la toiture et la flèche de la cathédrale gothique située dans le centre de Paris, entraînant un dégagement de fumée et de plomb dans toute la capitale et provoquant une vive émotion dans le monde.

« Ce sont plus de 400 tonnes de plomb qui ont été détruites au cours de cet incendie, ont en partie fondu ou ont été pulvérisées en microparticules, qui se sont disséminées dans l’atmosphère », relèvent dans leur plainte la CGT-Paris, l’association Henri Pézerat et des particuliers.

Pour ces plaignants, « l’existence du risque direct et immédiat de nature à entraîner un péril physique d’une particulière gravité » ne fait aucun doute, rapports du Centre interprofessionnel technique d’étude et de la pollution atmosphérique, Airparif, l’Ineris, entre autres, à l’appui.

« En dépit de l’ampleur de l’incendie et de la connaissance des risques de pollution et de contamination […] aucune précaution particulière n’a été prise par les autorités concernées (ministère de la Culture, Agence régionale de santé-ARS-et Préfecture de police) pendant plus de trois mois après l’incendie », regrettent-ils encore.

Pour les plaignants, « la Mairie de Paris a délibérément maintenu dans l’ignorance les directeurs d’établissements scolaires et de crèches situés dans les environs de la cathédrale en s’abstenant de communiquer sur la réalité de la pollution au plomb dans cette zone ».

Et « l’ARS et la Préfecture de police se sont initialement refusées à rendre publics les résultats des prélèvements de poussières. […] Il a ainsi fallu attendre plus de deux mois pour que ces résultats soient finalement rendus publics ».

Or, « les enfants (dans les crèches et écoles), les riverains et les travailleurs (du quartier et de la cathédrale) ont été manifestement exposés aux dangers de l’exposition au plomb ». « Ces faits constituent l’infraction de mise en danger d’autrui », estiment-ils.

Une plainte, également pour « mise en danger de la vie d’autrui », avec constitution de partie civile, avait été déposée en avril par l’association Robin des Bois. Elle doit permettre l’ouverture quasi automatique d’une information judiciaire et la désignation d’un juge d’instruction.

Deux ans après, les enquêteurs ont terminé leurs investigations, mais une longue phase d’analyse des prélèvements doit encore s’étendre sur plusieurs mois pour essayer de déterminer l’origine de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris.