(Bruxelles) La Belgique, un des pays le plus endeuillés au monde par la pandémie par rapport à son nombre d’habitants, a franchi dimanche le cap des 20 000 décès liés au nouveau coronavirus, dont plus de la moitié concernent des résidants de maisons de retraite.

Agence France-Presse

Ce pays de 11,5 millions d’habitants recensait 662 694 cas de COVID-19 depuis le début de la pandémie en mars 2020, et 20 038 décès (contre 19 992 samedi), selon les chiffres publiés par l’institut de santé publique Sciensano.

Ce seuil est franchi au moment où le pays entame sa campagne de vaccination anti-COVID en ciblant en premier lieu les maisons de retraite, depuis le 5 janvier.

Au moins la moitié des morts de la pandémie sont des résidants de ces établissements. Les autorités avaient annoncé le 18 décembre que le virus avait déjà tué 10 270 personnes âgées hébergées en maisons de retraite.  

Amnistie internationale Belgique avait dénoncé en novembre dans un rapport au vitriol l’« abandon » des maisons de retraite belges par les pouvoirs publics durant la pandémie.

Dès le début, les autorités sanitaires belges ont fait le choix d’un recensement large des morts.

Durant la première vague, le comptage intégrait aussi les décès potentiellement dus au virus sans qu’un test ait pu nécessairement le confirmer.

Depuis la deuxième vague, le recensement reprend tous les patients décédés ayant été déclarés positifs même si la cause du décès n’est pas le virus.

Cela a pour effet de classer la Belgique au premier rang mondial (hors micro-États comme Saint-Marin) pour la mortalité rapportée à la population, selon des données de l’AFP. Le pays affiche un taux de 1725 décès pour un million d’habitants.

La barre des 5000 morts dans le pays avait été franchie le 17 avril et celle des 10 000 morts le 30 septembre.

Lors du pic de la première vague, en avril, la Belgique avait comptabilisé pendant une dizaine de jours plus de 250 décès quotidiens, avec un record de 322 le 8 avril, toujours selon les chiffres de Sciensano.

La courbe, plate à un très bas niveau tout l’été, était repartie à la hausse début octobre avec la deuxième vague, jusqu’à atteindre un nouveau pic le 10 novembre (218 morts).

Le déclin a ensuite été bien moins net qu’au printemps, et le pays recense encore actuellement 58 morts chaque jour en moyenne (selon les données de la dernière semaine écoulée).

Côté contaminations, au cours des sept derniers jours le pays a enregistré en moyenne près de 1780 nouvelles infections quotidiennement. Autour de 20 000 nouveaux cas par jour avaient été recensés fin octobre.