Le Brexit pourrait être l’occasion d’un rapprochement entre le Royaume-Uni et le Canada, selon la haute commissaire britannique au Canada. Durant une allocution mercredi à Montréal, Susan le Jeune d’Allegeershecque a affirmé qu’un nouveau traité de libre-échange canado-britannique pourrait être négocié d’ici la fin de l’année.

Mathieu Perreault Mathieu Perreault
La Presse

Canada et Commonwealth

Invitée par le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), Mme le Jeune d’Allegeershecque a souligné que lors de son discours sur le Brexit, lundi dernier, le premier ministre britannique Boris Johnson a dit qu’il voulait que les relations commerciales avec l’Union européenne soient semblables au traité de libre-échange canado-européen. Même si l’UE a refusé cette proposition, cela signifie que les relations avec le Canada sont importantes, selon elle. « Notre ministre des Affaires étrangères est venu deux fois depuis six mois au Canada », a souligné la diplomate.

PHOTO SYLVIE-ANN PARÉ, FOURNIE PAR LE CONSEIL DES RELATIONS INTERNATIONALES DE MONTRÉAL

Susan le Jeune d’Allegeershecque, haute commissaire britannique au Canada, a été invitée par le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), lundi dernier, pour parler du Brexit.

En point de presse après son discours, elle a indiqué que des discussions officieuses avaient déjà eu lieu sur un éventuel traité commercial canado-britannique et que le traité canado-européen serait le canevas utilisé, avec des modifications relatives notamment à la mobilité de la main-d’œuvre et à la reconnaissance des diplômes. Le seul obstacle à un traité avant Noël serait une surcharge de travail pour les négociateurs britanniques pour d’autres ententes commerciales. Mme le Jeune d’Allegeershecque a par ailleurs noté que le Commonwealth pourrait être un excellent forum pour faire avancer des dossiers comme la gestion et la réponse aux changements climatiques. Le nouveau traité avec l’UE devra notamment être négocié d’ici 2021, car techniquement, le Royaume-Uni en fait toujours partie, même si ses représentants ne siègent plus au Parlement et dans les autres institutions européennes.

Panser les blessures

PHOTO FRANK AUGSTEIN, AGENCE FRANCE-PRESSE

Boris Johnson, premier ministre du Royaume-Uni, lors d’un discours, lundi, à Londres

Le discours de Mme le Jeune d’Allegeershecque se voulait très positif, évoquant un « nouveau » départ et la fin de l’« incertitude » et des « tensions » au sein de la société britannique depuis le référendum sur le Brexit de juin 2016. « C’est la fin, mais c’est le début, a dit la diplomate. Nos institutions ont réussi à gérer ces tensions avec aplomb. Notre Parlement a été tout à fait à la hauteur. Le secteur juridique a su y répondre avec objectivité. Il y a eu des manifestations réunissant des millions de personnes. Je suis très fière de la manière dont notre pays a affronté cette période longue et difficile. Pour Boris Johnson, c’est un triomphe personnel. Lors de son discours de vendredi dernier, il a adopté un ton de compromis. Il a appelé à réparer les déchirures au sein des familles et des régions géographiques qu’on a connues depuis trois ans. »

Écosse

PHOTO ANDY BUCHANAN, AGENCE FRANCE-PRESSE

Dans la foulée de la concrétisation du Brexit, Nicola Sturgeon, première ministre de l’Écosse, a dit qu’elle voulait un autre référendum sur l’indépendance du pays.

La représentante britannique au Canada s’est faite plus circonspecte face à la possibilité d’un autre référendum sur l’indépendance de l’Écosse, qui a été abordée au début de la période de questions de l’auditoire suivant son discours. « Ce n’est pas la question la plus facile. L’Écosse ne peut pas faire un nouveau référendum sans l’accord du Parlement britannique. Le premier ministre a été très clair qu’il ne donnerait pas cet accord. Mais la première ministre de l’Écosse Nicola Sturgeon a dit qu’elle voulait un autre référendum. Je ne sais pas ce qui va se passer. J’ai, à Ottawa, un collègue qui représente l’Écosse. Je vous suggère de l’inviter. » Mme le Jeune d’Allegeershecque a précisé que Mme Sturgeon était first minister et non pas prime minister.

Mur de Berlin et princesse Diana

Pour Susan le Jeune d’Allegeershecque, le Brexit vendredi dernier a été « l’un des trois moments marquants de [sa] vie ». Le premier est la chute du mur de Berlin – elle se trouvait alors à Bruxelles. Le deuxième est la mort de la princesse Diana en 1997.

En chiffres
- De 6000 à 9000 Britanniques deviennent chaque année résidents permanents du Canada
- 2 % des immigrants s’étant établis au Canada entre 2011 et 2016 provenaient du Royaume-Uni
- 3,5 % de la population canadienne a immigré au Canada entre 2011 et 2016
Sources : The Daily Telegraph, Statistique Canada