(Londres) Le gouvernement britannique va dès mercredi inclure les décès dans les maisons de retraite dans ses bilans quotidiens de la pandémie au Royaume-Uni, ce qui devrait aggraver le prix déjà très lourd payé par le pays en raison du nouveau coronavirus.

Martine PAUWELS
Agence France-Presse

L’un des pays d’Europe les plus touchés, le Royaume-Uni a recensé mardi 586 décès supplémentaires dus au nouveau coronavirus, marquant une recrudescence par rapport à la veille et portant le bilan total à 21 678 dans les hôpitaux britanniques.

Le nombre de contaminations officiellement comptabilisées atteint 161 145 cas (+3996), a précisé le ministre de la Santé, Matt Hancock, lors d’une conférence de presse.

Après le bilan le plus faible depuis fin mars lundi (+360 morts), ce rebond n’est pas une surprise : les chiffres quotidiens du ministère de la Santé sont très volatils et marquent souvent une baisse pendant le week-end dus aux retards dans les enregistrement, suivie d’une recrudescence.

Ce bilan ne compte pas les décès à domicile et surtout dans les maisons de retraite, estimés à plusieurs milliers, d’où des critiques récurrentes reprochant aux autorités de sous-estimer la réalité de la maladie.  

Matt Hancock a annoncé que le nombre de décès liés au nouveau coronavirus en maison de retraite ou à domicile serait désormais publié quotidiennement, malgré les difficultés rencontrées pour compiler ces données dans les plus de 15 000 établissements.

Cela devrait se traduire par une nette hausse du bilan au Royaume-Uni. Dans les deux semaines allant du 10 au 24 avril, 4343 personnes sont mortes de la maladie COVID-19 rien qu’en Angleterre, a indiqué mardi l’Office national des statistiques (ONS).  

Le nombre de contaminations devrait également s’alourdir : le ministre a indiqué que des tests de dépistage seraient désormais disponibles pour les résidents et membres du personnel asymptomatiques des maisons de retraite, ainsi que pour les plus de 65 ans avec des symptômes et les travailleurs devant quitter leur domicile.

M. Hancock a confirmé l’objectif de son gouvernement, critiqué pour sa réponse initiale timorée face à la pandémie, de tester quotidiennement 100 000 personnes à partir de la fin avril.  

Hommage aux « héros »

À 11 h (6 h heure du Québec mardi), les Britanniques ont marqué une minute de silence en hommage aux 85 soignants du NHS, le service public de santé, et aux 19 travailleurs sociaux décédés pendant la pandémie.

« Ce sont les héros morts au combat de la Nation », a déclaré Matt Hancock.

Si la tendance des contaminations et des décès est désormais à la baisse au Royaume-Uni, le premier ministre Boris John son a averti que le risque restait « maximum » et appelé à continuer de respecter le confinement pour éviter une nouvelle vague.

La crise provoque un marasme économique et social, comme le montre l’annonce mardi par British Airways de son intention de supprimer 12 000 emplois sur 45 000. Le dirigeant conservateur est donc sous pression pour indiquer une stratégie de sortie de confinement, instauré le 23 mars et prolongé jusqu’au 7 mai minimum.

Il a promis des décisions « dans les jours à venir » sur la manière d’adapter à l’avenir les mesures mises en place.

Selon le quotidien conservateur The Telegraph, le gouvernement s’apprête à annoncer un assouplissement partiel du confinement, avec le port de masque fortement recommandé dans les magasins.  

Dans les prochaines semaines, les magasins vendant des articles « non essentiels » seront autorisés à rouvrir si les mesures de distanciation sociale peuvent être respectées et les gens pourront rencontrer leurs amis et leurs famille, a rapporté The Times mardi.

Pour l’instant, les rassemblement de plus de deux personnes sont interdits.

Concernant les écoles, « il est trop tôt pour vous dire quand nous serons capables de (les) ouvrir car le nombre de morts reste trop élevé », a averti Matt Hancock

Sans attendre une décision de Londres, les autorités écossaises ont recommandé mardi à la population de se couvrir le visage avec un tissu partout où il est difficile de garder ses distances, dans les transports ou commerce par exemple.