(Londres) Les décès provoqués par le nouveau coronavirus sont repartis à la hausse au Royaume-Uni, avec 828 morts supplémentaires à l’hôpital annoncées mardi par les autorités, qui ont averti que le pays restait « en situation de danger ».

Agence France-Presse

Au total, 17 337 personnes sont décédées de la maladie COVID-19 et 129 044 ont été contaminées par le virus dans le pays, l’un des plus durement touchés en Europe.  

Le ministère de la Santé avait fait état lundi d’une décrue avec 449 morts supplémentaires, soit le plus faible bilan quotidien publié depuis le 6 avril.  

Mais l’espoir d’un reflux de la maladie était à relativiser, car les chiffres quotidiens du gouvernement britannique marquent souvent des baisses après le week-end en raison de retards dans l’enregistrement des décès.

« Les chiffres demeurent élevés et il n’est pas clair à ce point qu’il y ait une énorme baisse », a déclaré le chef adjoint des services sanitaires, Jonathan Van-Tam. « Nous restons dans une situation de danger que nous devons prendre très au sérieux », a-t-il ajouté lors de la conférence de presse quotidienne du gouvernement.  

Concernant le nombre de patients hospitalisés, il a noté que Londres avait enregistré un recul depuis le 10 avril environ, ce qui n’était pas le cas dans les autres régions du pays, où « il n’est pas absolument clair que le pic a été atteint ».  

De plus, les chiffres publiés quotidiennement par les autorités sanitaires britanniques ne comprennent que les décès à l’hôpital de patients testés positifs, une méthode critiquée, car elle ne tient pas compte des décès dans les maisons de retraite ou à domicile et atténue ainsi l’impact réel de la pandémie.

« Pénurie mondiale » de protections

Le gouvernement du premier ministre conservateur Boris Johnson est critiqué pour avoir tardé à prendre la mesure de la pandémie et à augmenter significativement le nombre de dépistages et la fourniture d’équipements de protection pour les soignants en première ligne contre la maladie, malgré ses promesses répétées.

Depuis, le confinement instauré le 23 mars a été prolongé d’au moins trois semaines jeudi et le gouvernement n’envisage pour l’heure aucun assouplissement, contrairement à d’autres pays européens.  

« Nous n’allons pas risquer des vies en assouplissant les règles de distanciation sociale » tant que le nombre de décès ne diminue pas durablement et que les contaminations refluent, a insisté le ministre de la Santé Matt Hancock.  

M. Hancock a également pris la défense du gouvernement, en assurant que celui-ci travaillait d’arrache-pied pour fournir du matériel de protection aux personnels de santé malgré une « pénurie mondiale ».  

« Nous avons un large éventail de fournisseurs et nous travaillons jour et nuit pour étendre nos sources d’approvisionnement », a-t-il assuré. Il a précisé collaborer avec « 159 fabricants britanniques potentiels », tout en soulignant qu’il fallait « distinguer les offres crédibles de celles qui ne le sont pas ».  

Le ministre a aussi insisté sur l’engagement du Royaume-Uni dans le développement d’un vaccin, dont des essais cliniques sur des êtres humains sont prévus par l’Université d’Oxford.  

« En temps normal, atteindre cette étape prendrait des années », s’est-il félicité.