(Kiev) Les experts ukrainiens présents en Iran pour enquêter sur l’écrasement d’un avion de ligne d’Ukraine International Airlines ont obtenu des autorités de Téhéran l’accès aux boîtes noires, a annoncé vendredi la diplomatie ukrainienne.

Agence France-Presse

« Notre équipe a maintenant obtenu l’accès aux boîtes noires, nous prévoyons de commencer prochainement la reconstruction de conversations » qui y sont enregistrées, a déclaré le ministre ukrainien des Affaires étrangères Vadym Prystaïko au cours d’une conférence de presse.

M. Prystaïko a affirmé que les enquêteurs ukrainiens disposent de la « coopération entière » de Téhéran et ont « tout l’accès » aux débris de l’avion, au site de l’écrasement et aux conversations entre les pilotes et la tour de contrôle iranienne.

Kiev a envoyé une cinquantaine d’experts en Iran pour participer à l’enquête sur l’écrasement mercredi du Boeing 737 d’Ukraine International Airlines à destination de Kiev, qui a fait 176 morts, principalement des Iraniens et de Canadiens mais aussi 11 Ukrainiens.

Le drame est intervenu quelques heures après le tir de plusieurs missiles iraniens ayant visé deux bases hébergeant des militaires américains en Irak, en réaction à l’assassinat du général iranien Soleimani quelques jours plus tôt dans une frappe américaine.

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Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a dit vendredi que le Boeing ukrainien avait « probablement » été abattu par un missile iranien, tout en précisant que les États-Unis allaient « laisser l’enquête se dérouler avant de tirer toute conclusion définitive ».

Le Canada, le Royaume-Uni et les Pays-Bas ont également déclaré que le Boeing avait sans doute été abattu par un missile iranien, tandis que Téhéran assure avec certitude que l’avion n’a « pas été touché par un missile ».

Le chef de la diplomatie ukrainienne a indiqué vendredi « ne rejeter aucune hypothèse ». Si la piste du missile se confirme, Kiev exigera de punir les responsables et une compensation, a-t-il ajouté.

« Nous allons d’abord collecter toutes les informations et après nous allons tirer nos conclusions », a-t-il fait valoir, disant vouloir une enquête « juste et impartiale ».

Plus tôt vendredi, Kiev a confirmé avoir reçu des « données importantes » de la part de Washington sur la catastrophe. Interrogé sur leur nature, M. Prystaïko a refusé de préciser, arguant qu’il s’agissait d’« informations secrètes ».

Kiev a également demandé des éléments au Canada et au Royaume-Uni accréditant selon eux la thèse du missile.