(Saint-Pétersbourg) La police russe a annoncé vendredi la saisie de plus de deux tonnes d’Alpha-PVP ou «sels de bain», une puissante drogue de synthèse dévastatrice apparue ces dernières années et connue pour ses effets hallucinatoires.

Agence France-Presse

La saisie a été réalisée lors d’une perquisition dans un laboratoire clandestin de la région de Tosno, à 65 km de Saint-Pétersbourg, a indiqué dans une communiqué Irina Volk, une porte-parole du ministère russe de l’Intérieur.

Environ 5,8 tonnes du même produit semi-fini ont également été découvertes sur les lieux, a ajouté cette source, pour un montant total estimé à sept milliards de roubles (147 millions $ CAN).

Trois personnes ont été interpellées lors de l’opération. La police russe a également saisi de l’équipement pour la fabrication de la drogue, ainsi que deux camions et un chariot élévateur.  

Également connue sous le nom de «flakka», l’Alpha-PVP est une drogue bon marché qui est chimiquement semblable à des sels de bain. Elle peut provoquer de l’hypertension, de la tachycardie, voire des hallucinations.

Popularisé dans les années 2010, l’Alpha-PVP fait partie des nouvelles substances de synthèse dont la vente a explosé sur le «dark web», un ensemble de réseaux clandestins sur l’internet.

Ce stupéfiant avait fait les gros titres en 2016, quand un étudiant américain sous l’emprise de «sels de bain» avait été arrêté par la police alors qu’il arrachait avec ses dents le visage d’un cadavre.

En Russie, le plus grand marché de drogues sur le «dark web» est une plateforme baptisée Hydra qui, selon une enquête du site d’information Lenta, compte plus de 800 000 utilisateurs.  

Mi-novembre, les services de renseignement russes (FSB) avaient annoncé le démantèlement d’un réseau de vente de drogue sur Internet dans 10 régions de Russie, et la saisie pour 650 millions de roubles (13 millions $ CAN) de produits stupéfiants, dont de l’Alpha-PVP.

Face à l’ampleur du phénomène, le ministère russe de l’Intérieur a annoncé la création en 2020 d’une unité spéciale pour lutter contre la vente de drogue sur Internet.  

Selon le ministère, deux millions de Russes consommaient régulièrement des produits stupéfiants illégaux en 2017.