(Pristina) Le gouvernement du Kosovo ne compte pas interdire l’accès à son territoire aux responsables de Serbie, a-t-il annoncé vendredi au lendemain d’une annonce contraire d’un haut responsable de son ministère des Affaires étrangères.  

Agence France-Presse

«Le gouvernement n’a pas pris une telle décision», a assuré dans un communiqué le cabinet du premier ministre Ramush Haradinaj.  

Jeudi, le principal conseiller du ministre des Affaires étrangères, Behgjet Pacolli, avait dit rigoureusement l’inverse : son ministère «n’acceptera la présence d’aucun responsable serbe» et toutes leurs « demandes (de visite) seront refusées», avait écrit Jetlir Zyberaj sur son compte Facebook.  

Si la Serbie ne reconnaît pas l’indépendance du Kosovo, ses responsables s’y rendent régulièrement, dans les secteurs où vivent les quelque 120 000 personnes composant la minorité serbe. Pour ces visites, Pristina exige qu’une autorisation soit demandée, ce qui est en règle générale accepté.

Malgré l’annonce de Jetlir Zyberaj, ce système reste en place et ces demandes seront examinées «par le ministère des Affaires étrangères conformément aux règles», selon le communiqué du gouvernement.

AP

Ana Brnabic

En mai, Pristina avait déclaré persona non grata la première ministre serbe Ana Brnabic pour des propos jugés racistes : elle avait expliqué qu’il était difficile de parler avec les responsables du Kosovo, «des gens littéralement sortis de la forêt».  

Vingt ans après la guerre entre forces serbes et rebelles indépendantistes kosovars albanais, et 10 ans après la proclamation d’indépendance du Kosovo, les relations entre Belgrade et Pristina sont toujours exécrables.

Incontournable s’ils veulent progresser dans leur rapprochement avec l’union européenne, leur dialogue de normalisation est au point mort.

La Serbie exige que le Kosovo lève les droits de douane de 100% qu’il impose aux produits serbes. Le gouvernement kosovar répond qu’il ne le fera qu’en échange d’une reconnaissance de son indépendance par Belgrade.