(Jasenovac) Plusieurs milliers de Serbes de Croatie, de Juifs et de militants antifascistes ont rendu vendredi hommage aux victimes de Jasenovac, l’« Auschwitz croate », boycottant une nouvelle fois les célébrations officielles.

Agence France-Presse

Depuis plusieurs années, les autorités croates sont accusées de complaisance envers les thèses révisionnistes et tendant à réhabiliter le régime oustachi, collaborateur zélé de l’Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale.  

La cérémonie officielle est prévue dimanche.  

Dans le camp de Jasenovac, dans l’est de la Croatie, ont été assassinés Serbes, Juifs, Roms et opposants politiques croates, même si le nombre de morts reste sujet à controverse.

Présente vendredi, la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatovic, a regretté qu’« existe aujourd’hui des politiciens et des personnalités qui minimisent la responsabilité de ceux qui ont perpétré ces actes, les glorifient ».

Des représentants des associations antifascistes croates ont également participé à la cérémonie.  

Comme les représentants des juifs et des Serbes, ces organisations avaient été ulcérées par l’apposition en 2016, à proximité du camp, d’une plaque commémorant la mort de paramilitaires ultranationalistes croates, tués lors du conflit contre les Serbes (1991-95).  

Le camp de Jasenovac fut le camp de la mort croate le plus vaste et le plus brutal, où de nombreux détenus furent achevés à coups de marteaux, couteaux ou encore lapidés.

Selon les sources, le nombre de victimes varie entre des dizaines de milliers et 700 000 morts.