Trois proches de Silvio Berlusconi, accusés de lui avoir fourni de jeunes prostituées, dont une mineure, Ruby, ont été condamnés vendredi à des peines de cinq à sept ans de prison, a annoncé la présidente du tribunal.

AGENCE FRANCE-PRESSE

L'ex-agent de starlettes Lele Mora et le présentateur télé Emilio Fede ont été condamnés chacun à sept ans de prison; l'ex-conseillère régionale et ancienne hygiéniste dentaire du Cavaliere, Nicole Minetti, a écopé d'une peine de cinq ans de prison. Ils étaient tous poursuivis pour incitation à la prostitution.

En outre MM. Fede et Mora se voient interdire à vie tout emploi public ainsi que tout poste en contact avec des mineurs, dans des écoles par exemple. L'interdiction d'exercer un emploi public est limitée à cinq ans pour Mme Minetti.

M. Mora était le seul présent dans l'enceinte du tribunal à l'énoncé du verdict. Selon les médias italiens, Mme Minetti se trouve en vacances en Espagne.

En cas d'appel, fort probable de la part des condamnés, la peine est suspensive.

Ce procès est le second volet du scandale Rubygate dans lequel Silvio Berlusconi a été condamné le 24 juin, en première instance, à sept ans de prison et interdit à à vie d'exercer un mandat public, pour abus de pouvoir, ayant utilisé sa position pour faire libérer la jeune Ruby interpellée à Milan pour un larcin, et prostitution de mineure.

Alors que ses proches attendaient le verdict de Milan, un autre magistrat, à Naples cette fois-ci, a examiné directement son cas dans une affaire de corruption de sénateurs.

L'affaire remonte aux élections législatives de 2006, remportées de justesse par la coalition hétéroclite de gauche dirigée par Romano Prodi, qui n'avait qu'une poignée de voix de plus que Silvio Berlusconi au Sénat. Quelques mois à peine après les élections, Sergio De Gregorio, l'un des sénateurs élus dans l'un des partis de la coalition de M. Prodi, quittait son camp pour passer dans celui du Cavaliere.

Rendant encore plus fragile la majorité qui soutenait M. Prodi, cette décision allait accélérer la chute du gouvernement de gauche qui jeta l'éponge en 2008, moins de deux ans après le scrutin. Selon le Parquet, le Cavaliere a versé trois millions d'euros, dont deux millions en espèces, à Sergio De Gregorio pour le débaucher. Ce dernier l'a reconnu devant des magistrats et dans la presse.

La défense de Berlusconi soutient que le tribunal de Naples, dont est originaire M. De Gregorio, n'est pas compétent dans cette affaire qui devrait être examinée à Rome, siège du Sénat.

Le magistrat responsable de l'affaire a reporté la suite de l'audience au 16 septembre et indiqué qu'il prendrait la décision de renvoyer le Cavaliere ou pas  le 23 octobre.

Silvio Berlusconi ne s'est pas présenté devant le juge de Naples, en raison d'un vote devant le Sénat, dont il est membre, d'une motion de défiance visant son bras droit, Angelino Alfano, ministre de l'Intérieur et vice-premier ministre du gouvernement d'Enrico Letta.

M. Alfano était visé par une motion de défiance qui a été rejetée, déposée par deux partis d'opposition pour la manière dont la police a mené l'expulsion, controversée, de l'épouse et de la fille d'un dissident kazakhe.

Mais le plus gros pour le Cavaliere est attendu le 30 juillet: ce jour-là, la Cour de Cassation entamera l'examen de son pourvoi contre sa condamnation pour fraude fiscale dans le procès Mediaset. Si la Cour devait confirmer ce verdict, M. Berlusconi pourrait se voir interdit d'exercer tout mandat public et devrait à terme abandonner la politique.