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Italie: insultes racistes contre la ministre noire

Cécile Kyenge, 49 ans, est la première femme noire... (Photo TONY GENTILE, REUTERS)

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Cécile Kyenge, 49 ans, est la première femme noire de l'histoire de l'Italie à accéder au rang de ministre. Arrivée en Italie en 1983 de la République Démocratique du Congo, celle qui se dit «noire et fière de l'être» se bat depuis sa nomination pour ouvrir un débat sur le droit à la citoyenneté basé sur le droit du sol.

Photo TONY GENTILE, REUTERS

Agence France-Presse
ROME

Un groupuscule italien d'extrême droite, Forza Nuova, a exposé une banderole raciste et insultante envers la ministre italienne de l'Intégration, Cécile Kyenge, une Italo-Congolaise, a rapporté jeudi la presse italienne.

«Kyenge, retourne au Congo», ont écrit des membres de ce groupuscule sur une banderole accrochée dans la nuit devant le siège du Parti démocrate (PD), dont elle est membre, à Macerata, dans le centre de l'Italie, près de la côte adriatique.

«On ne peut pas vendre au rabais la citoyenneté italienne à des éléments étrangers à notre culture, comme on ne peut pas obliger les citoyens à applaudir un modèle de société multiraciale comme celui de la banlieue parisienne», a ajouté plus tard ce groupuscule dans un communiqué.

Mme Kyenge, 49 ans, est la première femme noire de l'histoire de l'Italie à accéder au rang de ministre. Arrivée en Italie en 1983 de la République Démocratique du Congo, elle se bat depuis sa nomination pour ouvrir un débat sur le droit à la citoyenneté basé sur le droit du sol.

«C'est pas eux qui vont m'arrêter», a réagi Mme Kyenge. «Je veux susciter un débat et non imposer un modèle», a-t-elle ajouté.

De nombreuses voix se sont élevées pour défendre la ministre, qui se dit «noire et fière de l'être». Nichi Vendola, leader du parti SEL de gauche et président des Pouilles, une région du sud, a dénoncé «les misérables actions des fascistes» contre Mme Kyenge.

Cette dernière a été déjà victime d'insultes racistes provenant de groupes d'extrême droite ou de membres du parti populiste et xénophobe de la Ligue du Nord.

«Je suis raciste, je ne l'ai jamais nié. La ministre Kyenge doit rester chez elle, au Congo. C'est une étrangère dans ma maison. Qui l'a dit qu'elle est italienne? Sa nomination a été une grande connerie», a déclaré il y a une dizaine de jours un ex-sénateur de la Ligue, Erminio Boso.

«C'est un choix de merde, un éloge à l'incompétence (...) Elle a la tête d'une femme au foyer», avait déclaré à la même époque un député européen de la Ligue, Mario Borghezio.

Les principaux dirigeants du pays et la presse avaient alors pris la défense de la ministre après ces attaques.

«Cécile Kyenge est fière d'être noire et nous sommes fiers de l'avoir dans notre gouvernement comme ministre de l'Intégration», avaient affirmé dans un communiqué conjoint le chef du gouvernement Enrico Letta (gauche) et son adjoint, Angelino Alfano (droite).




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