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Google dans le collimateur du gouvernement français

L'IPG reproche notamment à Google de référencer leur... (PHOTO EMMANUEL DUNAND, AFP)

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L'IPG reproche notamment à Google de référencer leur production dans son service Actualités pour maximiser sa fréquentation et ses revenus publicitaires sans avoir à assumer le coût de production de l'information mise en valeur.

PHOTO EMMANUEL DUNAND, AFP

(Paris) Le gouvernement français songe à légiférer pour contraindre le géant américain Google à reverser une part de ses rentrées publicitaires aux éditeurs de presse du pays, en proie à de persistantes difficultés financières.

L'Association de la presse d'information politique et générale (IPG) a mis de l'avant en septembre une proposition en ce sens en s'inspirant d'un projet de loi actuellement débattu par les parlementaires allemands.

Il vise à forcer les moteurs de recherche et les agrégateurs de contenu qui référencent le contenu de médias en ligne à leur remettre une redevance.

Les membres de l'IPG, qui s'est alliée pour mener sa bataille à des groupes d'éditeurs en Allemagne et en Italie, déplorent la «captation de la valeur de leurs contenus numériques par les seuls acteurs technologiques».

Ils reprochent plus particulièrement à Google de référencer leur production dans son service Actualités pour maximiser sa fréquentation et ses revenus publicitaires sans avoir à assumer le coût de production de l'information mise en valeur.

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Le président de Google, Eric Schmidt (à gauche), a été reçu par le président français, François Hollande (à droite), hier à l'Élysée. La question des redevances auprès des agrégateurs de contenu devait figurer au haut de l'agenda de la rencontre.

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Hollande contre Google

L'IPG trouvé une oreille attentive auprès de la ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti, qui s'est dite favorable à l'idée que «les grands agrégateurs de contenu participent au financement de la presse».

Au dire du quotidien Le Figaro, le président français François Hollande prendrait aussi «fait et cause» pour les éditeurs de presse français et leur projet. La question devait figurer haut à l'agenda, hier, lors d'une rencontre du chef d'État avec le président de Google, Eric Schmidt, qui entame une tournée européenne fixée de longue date. L'Élyséee a précisé dans un communiqué qu'elle souhaitait une solution négociée d'ici la fin de l'année.

La société américaine avait très mal réagi à l'idée de la redevance dans une note transmise au gouvernement français en octobre. Elle avait prévenu qu'une telle mesure pourrait «mettre en cause son existence» et la contraindrait «à ne plus référencer les sites français» d'information.

Menaces de «censure»

La firme avait ajouté que l'idée de la forcer à payer les sites de presse pour le contenu référencé par son moteur de recherche «n'a pas plus de sens que d'exiger d'un chauffeur de taxi qui conduit un client à un restaurant de rémunérer le restaurateur».

Les mises en garde de Google ont été mal reçues par la ministre Filippetti. «Agiter des menaces, ce n'est pas une manière correcte de discuter avec un gouvernement démocratique», a-t-elle lancé.

Le directeur du Nouvel Observateur, Laurent Joffrin, qui réclame de longue date une telle redevance, a dénoncé en éditorial les menaces de «censure» de Google, en évoquant une forme de «féodalité multinationale».

La société avait utilisé brièvement un tel stratagème en 2011 après qu'un tribunal eut décrété qu'elle violait les droits d'auteur de divers médias belges en référençant leur contenu sans autorisation préalable. La cause a depuis été portée en appel.

L'Agence France-Presse avait porté plainte en 2005 pour l'utilisation de son contenu avant d'en arriver à une entente dont les modalités n'ont pas été précisées. Plus récemment, des éditeurs de livres français ont obtenu que la société soit sanctionnée pour avoir mis en ligne des ouvrages dont le contenu était toujours protégé par le droit d'auteur.

Pour le directeur du quotidien Libération, Nicolas Demorand, la bataille engagée par les éditeurs de presse est cruciale et ne doit pas être découragée par les «quolibets libertaires» et les «hauts cris libéraux» fustigeant toute entrave «à la libre jouissance du marché».

Bien qu'elle rallie les médias traditionnels, l'idée d'une redevance est décriée par le Syndicat de la presse indépendante d'information en ligne, qui regroupe des médias en ligne comme Mediapart, Rue89 ou Slate.

Ils craignent que le projet de loi ne vienne dans les faits renforcer la «prédominance» de Google et place les médias sous sa tutelle, tant en matière d'audience que de revenus.




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