Sur la place Puerta del Sol, en plein centre de Madrid, les centaines de jeunes protestataires qui ont installé il y a une semaine un campement, tentaient lundi de maintenir la mobilisation intacte, une fois passées les élections locales.

Mis à jour le 23 mai 2011
AGENCE FRANCE-PRESSE

«On compte rester au moins jusqu'à dimanche, mais on n'exclut pas de rester encore plus», a déclaré une porte-parole de ce mouvement spontané né le 15 mai via les réseaux sociaux, avant de très rapidement s'amplifier, gagner tout le pays et se structurer.

«On n'a pas remarqué de baisse de mobilisation après les élections locales» de dimanche, «on se structure encore plus, des gens viennent nous aider», a-t-elle ajouté.

Sur la Puerta del Sol, les contestataires, des jeunes précaires, mais aussi des personnes âgées et des chômeurs, continuaient lundi de s'organiser, balayant la place avec les employés municipaux, distribuant des petits-déjeuners et réclamant encore davantage de matériel.

«On aimerait que quelqu'un nous prête un téléphone fixe pour organiser un poste d'appels gratuits!», criait un organisateur dans un haut-parleur.

Ce mouvement coloré et pacifique réunit tous les soirs depuis le début de la semaine dernière des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes, venant clamer leur rejet de la «classe politique» ou de la «gestion de la crise économique».

D'autres rassemblements similaires ont lieu dans toutes les grandes villes espagnoles.

Si les revendications sont des plus diverses, le chômage, avec un taux record de 21,29% et près de la moitié des moins de 25 ans sans emploi, est au coeur de toutes les inquiétudes.

Toutefois, après l'euphorie du week-end et une fois passées les élections locales de dimanche, la foule était moins compacte dimanche soir à la Puerta del Sol, même si, à Madrid comme dans la plupart des villes, les organisateurs ont décidé de poursuivre le mouvement jusqu'à dimanche prochain au moins.

À Barcelone, où ils occupent la Plaza de Catalunya, en plein centre de la capitale catalane, les jeunes ont eux aussi voté le maintien du campement jusqu'à dimanche prochain, avant une manifestation annoncée pour le 19 juin. Mais là encore, la foule était plus clairsemée que les jours précédents.

Les jeunes, qui réclament notamment une meilleure représentation des partis minoritaires sur l'échiquier politique espagnol, «sont très en colère» contre les partis politiques, affirmait Marcos Piris, un informaticien au chômage de 29 ans.

Les élections municipales de dimanche se sont soldées par un désastre pour le Parti socialiste, au pouvoir, devancé de dix points par la droite conservatrice du Parti populaire. Mais les manifestants ne se reconnaissent ni dans l'un ni dans l'autre parti.

«Personne ne nous représente», affirmait Marcos Piris, reprenant l'un des slogans favoris de ces derniers jours. «Chaque jour qui passe nous nous sentons moins représentés par ces hommes politiques».

La poursuite du mouvement, jusqu'à dimanche ou de manière indéfinie, a été décidée dans plusieurs grandes villes d'Espagne, dont Grenade, Saragosse, Valence ou Malaga.