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Procès du «gang des barbares» accusé d'avoir torturé à mort un juif

Agence France-Presse
Paris

Le procès du «gang des barbares» et de son chef Youssouf Fofana, accusés d'avoir séquestré et torturé à mort un jeune juif français, Ilan Halimi, s'est ouvert mercredi à Paris, plus de trois ans après ce crime sauvage qui avait suscité une grande émotion dans le pays.

Youssouf Fofana, 28 ans, d'origine ivoirienne, comparaît avec 26 complices présumés devant la cour d'assises des mineurs de Paris pour un procès qui doit durer six semaines.

Il est prévu à huis clos puisque deux des accusés n'avaient pas 18 ans au moment des faits.

Youssouf Fofana, collier de barbe et crâne rasé a été le premier accusé à entrer, tout sourire, dans le box. A son arrivée, il a levé un poing vers le ciel, lâchant «Allah vaincra».

Dès l'appel des accusés effectué par la présidente, il a poursuivi ses provocations. En guise de date de naissance, il a répondu : «le 13 février 2006, à Sainte-Geneviève-des-Bois», donnant ainsi la date et le lieu de la découverte -- une ville de la banlieue parisienne -- du corps agonisant d'Ilan, âgé de 23 ans.

En guise de nom, il a lancé: «africaine barbare armée révolte salafiste».

Fofana est défendu par Me Emmanuel Ludot, qui fut le seul défenseur français de l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein, et Me Isabelle Coutant-Peyre, mariée au terroriste Carlos.

Pour l'accusation, Fofana, décrit comme une «mégalomane» et un «pervers», est celui qui a porté les coups fatals à Ilan Halimi. Il a déjà accumulé quatre condamnations, principalement pour «vols avec violences».

En face, sur le banc des parties civiles, la mère d'Ilan, assise à côté de ses deux filles, n'a rien dit.

Pendant plus d'une heure, en attendant le début du procès, Ruth Halimi est restée concentrée, semblant prier en se balançant imperceptiblement d'avant en arrière.

Face à elle, les accusés sont restés silencieux, sans communiquer entre eux.

Pratiquement tous âgés aujourd'hui d'une vingtaine d'années, ils ont décliné chacun à leur tour leur identité et profession au moment des faits: lycéens, chômeurs, livreur de pizza, chauffeur de car, étudiant en commerce...

Le 20 janvier 2006 à Paris, Ilan Halimi, 23 ans, un jeune vendeur de téléphones portables, tombait dans un guet-apens tendu par le «gang des barbares» dans le but d'obtenir une forte rançon -- qui n'a jamais été versée -- en échange de sa libération.

Vingt-quatre jours plus tard, il était retrouvé agonisant au bord d'une voie ferrée. Nu, bâillonné, le corps recouvert de brûlures, il est mort pendant son transfert à l'hôpital.

A partir de la diffusion du portrait-robot d'une jeune femme chargée d'«appâter» des hommes présumés riches «parce que juifs», la police avait interpellé en février 2006 jusqu'à une trentaine de membres du «gang des barbares», implanté dans une cité populaire de Bagneux, près de la capitale.

La connotation antisémite retenue par la justice comme une circonstance aggravante (visant au final deux accusés dont Fofana) a donné une dimension nationale à ce crime.

Le 26 février, des dizaines de milliers de personnes avaient manifesté dans toute la France contre l'antisémitisme.

Neuf projets d'enlèvement ont été attribués au «gang des barbares» avant celui, accompli, d'Ilan Halimi.

Hormis Youssouf Fofana, qui encourt la réclusion à perpétuité, une quinzaine d'accusés doivent répondre de leur participation au rapt ou à la séquestration d'Ilan. D'autres comparaissent libres pour les seuls chefs d'association de malfaiteurs ou de non dénonciation de crime.




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