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Alerte à la dioxine : Dublin enquête et tente de rassurer

Les autorités irlandaises poursuivaient leur enquête lundi sur l'origine de la... (Photo: AFP)

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Andrew Bushe
Agence France-Presse
Dublin

Les autorités irlandaises poursuivaient leur enquête lundi sur l'origine de la contamination à la dioxine de viande de porc qui a pu être exportée dans une vingtaine de pays, alors que la Commission européenne s'est dite satisfaite des mesures de précautions prises par Dublin.

Le Japon, Singapour, la Corée du Sud et la Chine ont annoncé lundi la suspension de leurs importations d'Irlande à la suite du retrait de la vente par Dublin de tous les produits à base de porc produits sur l'île depuis le 1er septembre.L'alerte a été lancée samedi soir après la découverte, lors de contrôles de routine fin novembre, de traces de polychlorobiphényles (PCB), un polluant généralement assimilé à de la dioxine, dans de la graisse de porc provenant de neuf élevages irlandais. Les PCB sont des polluants organiques persistants et probablement cancérogènes.

La police irlandaise orientait son enquête vers les producteurs d'aliments pour porc, et notamment une usine du groupe Millstream Power Recycling Limited située près de Fenagh (comté de Carlow, sud-ouest).

La Commission européenne a invité tous les pays de l'Union européenne à bloquer et à contrôler la viande de porc et les produits dérivés importés d'Irlande.

La France a indiqué avoir importé 1.600 tonnes de porc irlandais, et l'Allemagne 2.000 tonnes, depuis le 1er septembre.

Les services vétérinaires polonais examinent 667 tonnes de porc irlandais, tandis que la Bulgarie a saisi 60 tonnes, et le Portugal 30 tonnes.

«Nous sommes satisfaits des mesures prises par les autorités irlandaises et nous ne pensons pas que d'autres soient nécessaires pour le moment», a assuré la commissaire en charge de la Santé, Androulla Vassiliou, au cours d'une conférence de presse à Bruxelles lundi.

Elle a précisé que de la viande potentiellement contaminée a pu être exportée dans 12 pays de l'UE, la Belgique, la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, la Pologne, la Suède, Chypre, le Danemark et l'Estonie.

Le Canada, la Chine, Hong Kong, Singapour, le Japon, la Corée du Sud, la Russie, la Suisse et les Etats-Unis pourraient aussi être touchés.

«Pour la France, ce n'est pas une alerte sanitaire majeure. 95% de la viande fraîche de porc consommée dans l'Hexagone est produite en France», a précisé le ministre français de l'Agriculture, Michel Barnier, dans un entretien publié par le quotidien Aujourd'hui en France/Le Parisien.

L'Irlande est un important pays exportateur de porc avec 129.000 tonnes exportées l'an dernier pour une valeur de 368 millions d'euros, avec pour marché principal la Grande-Bretagne.

Le problème pourrait venir d'une huile utilisée pour faire fonctionner des machines de séchage des produits de boulangerie recyclés intégrés à la nourriture pour porc, selon un porte-parole de la société, David Curtin, qui a nié que l'huile ou d'autres substances entrent dans la composition de la nourriture produite.

Le responsable des services vétérinaires du pays, Paddy Rogan a précisé que neuf élevages de porc avaient été fermés, ainsi que 38 élevages de bovins en Irlande qui ont également reçu les aliments pour bétail incriminés.

Le risque de contamination de la viande de boeuf est cependant considéré comme bas, l'herbe fournissant la majorité de l'alimentation des bovins, a souligné le ministère de l'Agriculture.

Les neuf élevages de porc fermés représentent quelque 10% des porcs du pays.

Les quelque 490 autres élevages que compte l'Irlande ne sont pas à risque, a insisté M. Rogan.

Le directeur adjoint des autorités sanitaires irlandaises Alan Reilly a souligné que la concentration de dioxine trouvée dans les échantillons était entre 80 et 200 fois supérieure à la limite légale mais que le risque pour la santé publique était «très, très bas».

Cette crise est un nouveau coup porté à l'économie irlandaise, la première en Europe à être entrée en récession, alors que la filière de la viande de porc représente quelque 6 000 emplois.




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